Pas de cru classé dans son escarcelle. Mais avec huit propriétés médocaines dont quatre crus bourgeois, Jean Guyon trouve lui aussi son intérêt lors de la grande messe des primeurs.

Quel enjeu des primeurs pour le propriétaire dont les vins sont intégralement vendus en direct, sans passer par le négoce ? « Dès le départ, l’intérêt pour moi est de faire goûter et noter nos vins par les grands spécialistes présents à Bordeaux à cette période », affirme d’emblée Jean Guyon. Il explique : « durant les primeurs, les journalistes spécialisés se font une idée d’ensemble du millésime, pour porter un jugement global. La clientèle particulière est ensuite influencée par leurs commentaires. Donc bien que nous ne travaillions pas avec la place de Bordeaux, ces notes sont des références, notamment dans le commerce international, quand on présente nos vins par exemple aux États-Unis ou en Chine. » Le propriétaire affiche néanmoins un certain scepticisme sur la pertinence de déguster en primeur : « les vins présentés ne sont que des échantillons, et avec seulement trois mois de barrique. » Pour lui, « ce qui serait beaucoup plus amusant, serait de faire revenir le monde du vin à Bordeaux pour une dégustation un mois après la mise en bouteille, afin de regoûter tous les vins de Bordeaux. »