Un cognac XO (Extra Old) vendu 19,99 euros chez Lidl, a provoqué la colère des viticulteurs pour qui un tel prix n’est pas « viable » pour les vignerons.

« On est plutôt choqués de la démarche », explique Alexandre Imbert, directeur de l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC Cognac (UGVC) qui a demandé des contrôles de conformité. Le cognac XO de chez Lidl est à 19,99 euros les 50 cl, tandis qu’un cognac XO, présenté en général en bouteille de 70 cl, se vend en moyenne 100 euros et peut même aisément atteindre le double pour les grandes maisons, a-t-il précisé.

« On est dans une situation qui n’est pas viable du tout pour les viticulteurs et renvoie une image du produit qui n’est pas bonne pour notre appellation, et qui peut venir casser les marchés régionaux », a-t-il souligné, ajoutant que « si le cognac est vendu 20 euros, le prix auquel il est acheté au viticulteur ne lui permet pas de vivre ».

Des viticulteurs « pris à la gorge » ?

Les supermarchés Lidl ont lancé mercredi cette opération de promotion du cognac Bredon, qui appartient au groupe français Terroirs Distillers, dans le cadre des ventes « produits de prestige » comprenant également du foie gras ou encore des cèpes séchés. Selon Lidl, « ce stock a été acheté il y un peu plus d’un an en amont de la hausse du cours, ce qui explique le prix de vente ». « Il y a un an, les cours n’étaient pas aussi bas », a rectifié M. Imbert.

Pour vendre un cognac XO, dont les eaux-de-vie ont plus de six ans d’âge, à un prix en-dessous du marché, ce représentant de l’UGVC a émis l’hypothèse que « des viticulteurs pris à la gorge financièrement ont bradé leurs vieux stocks pour faire rentrer de la trésorerie » faute de stocks de nouvelles eaux-de-vie en raison des récents aléas climatiques, comme le gel de l’hiver dernier ou la grèle de 2016.

Le cognac se partage en trois catégories: le VS avec des eaux-de-vie vieilles d’au moins deux ans, le VSOP (au moins quatre ans d’âge) et le XO, le plus prestigieux, avec des eaux-de-vie d’au moins six ans, un âge limite qui va monter à 10 ans à partir du 1er avril, comme c’est déjà l’usage chez la majorité des vignerons.