(photos Idelette Fritsch)
(photos Idelette Fritsch)

Rouge, bio et militante. La nouvelle cuvée du château Beaubois en appellation Costières de Nîmes, arbore fièrement une étiquette… en toile de jean Denim. Commercialisée lundi 16 juillet, l’ensemble des bénéfices de la vente de ce collector sera reversé aux « Ateliers de Nîmes » dont le projet est de relocaliser la fabrication du jean dans sa ville d’origine, à Nîmes.

Certaines légendes ont la vie dure. Celle de l’origine du jean, bleu, à base de toile Denim fabriquée à Nîmes et utilisée pour la confection des premiers jeans de Levi Strauss au XIXe siècle, reprend des couleurs entre les mains de Château Beaubois. Ce vignoble familial depuis quatre générations qui exploite 50 hectares en Agriculture Biologique sur l’appellation Costières de Nîmes, contribue à un vaste projet de relocalisation de la fabrication du jean dans sa ville d’origine, en commercialisant ce lundi 16 juillet la cuvée collector « Ramenons le Denim à la maison ». Un vin rouge bio, assemblage de Syrah, Grenache, Mourvèdre vendangés en 2016 et dont l’ensemble des bénéfices de la vente sera reversé à l’entreprise Les Ateliers de Nîmes.

« Où que j’aille dans le monde vendre mes vins, la toile bleue du jean est portée par des millions d’individus, explique Fanny Boyer, vigneronne au Château Beaubois. Née à Nîmes, ce projet de relancer la fabrication d’une toile nîmoise m’a d’emblée passionnée. C’était une façon aussi avec cette cuvée participative, d’aider une jeune entreprise en créant du lien social, de proximité. »

Une fabrication à Nîmes en 2019

1000 bouteilles, commercialisées 40 euros l’unité au domaine, permettront ainsi à Guillaume Sagot, co-fondateur et gérant des Ateliers de Nîmes, de faire l’acquisition de nouveaux métiers à tisser de collection. Car à 32 ans, ce jeune nîmois passionné de mode s’est mis en tête de retisser la légendaire toile Denim dans sa ville d’origine, à Nîmes. Sa marque créée en 2004, en activité depuis 2006, a déjà récolté 28 000 € via la plateforme de crowdfunding KissKissBankBank. Les bénéfices de cette nouvelle cuvée collector vont permettre de réunir les fonds pour l’acquisition et l’entretien de deux nouveaux métiers à tisser des années 50-60, de marque Picanol modèle Président.

« Ce patrimoine textile nîmois était presque effacé, seule subsistait une similitude d’expression : Denim, de Nîmes. Sans filiation de matière entre le célèbre jean 100% coton et l’étoffe – le sergé de laine et soie – dite serge de Nîmes fabriquée dès le XVIIe siècle à Nîmes », explique Guillaume Sagot. Les Ateliers de Nîmes qui commercialisent pour l’heure des jeans à base de toile Denim achetée en Italie (une trentaine de boutiques distributeurs en France et un site, https://ateliersdenimes.com/fr/), mettront en route les premières machines courant octobre. Là, à raison de 40 mètres de toile tissée par jour (il faut 2,50 m pour faire un pantalon), la toile de Nîmes recommencera à tisser sa légende : les premiers jeans fabriqués localement, à partir de coton recyclé provenant d’une filature du Tarn, seront commercialisés début 2019.

La typicité des Costières

En attendant, il y a déjà cette cuvée « Ramenons le Denim à la maison » à la robe gainée de toile Denim, avec une étiquette co-brandée. Et entre le jean et ce vin, une même similitude de valeurs : de la « sobriété, le sens du détail, le goût du travail artisanal bien fait », détaille Guillaume Sagot. Et une fabrication faite pour durer, cette cuvée élevée douze mois en fûts puis trois en cuves supportant facilement une garde de 10-15 ans. « C’est la base d’un vin haut de gamme du domaine que j’ai réassemblé pour donner quelque chose de gourmand et de fruité, sur l’élégance et la fraîcheur qui reflète vraiment la typicité des Costières de Nîmes », explique Fanny Boyer.

Dans les prochains mois, la vigneronne partira dans les salons (Millésime Bio, Vinovision Paris, ProWein) avec sous le bras, quelques quilles de ce « Ramenons le Denim à la maison ». « Je porte une appellation qui a le nom de Nîmes dans son intitulé, à chaque fois que je vends une bouteille dans le monde (où château Beaubois réalise 50% de son chiffre d’affaires, NDLR), il y a le nom de Nîmes sur l’étiquette », conclut-elle, fièrement militante.