(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

Le domaine et son vignoble, racheté il y a trois ans par des investisseurs, a été complètement rénové et restructuré avec un hôtel de luxe et un chai tout neuf.

C’est une magnifique bastide aux volets vert amande qui surplombe une grande terrasse au bout d’un parc aux arbres centenaires ponctuée de bassins, d’un jardin à la française et d’un potager de légumes anciens. Un bel écrin de verdure au cœur du Luberon dont on tombe forcément amoureux en franchissant la grille de l’entrée. Il a pourtant fallu beaucoup d’imagination à l’homme d’affaires Frédéric Biousse (ancien co-dirigeant du groupe de mode SMCP) et au galeriste Guillaume Foucher, lors de leur première visite en 2013, pour se projeter dans ce domaine en friche, en indivision depuis plusieurs années. Les bâtiments de la ferme sont alors à l’abandon, des cultures maraîchères ont colonisé le parc…et les 20 ha de vignes comptent beaucoup de manquants. Le charme de l’endroit joue forcément avec son petit air de Toscane entre cèdres, rosiers, lauriers et oliviers, et sans doute aussi les bons conseils de Laurence Berlémont du Cabinet d’Agronomie Provençale qui perçoit rapidement le potentiel du vignoble. » Nous avons fait du vin en 2014 dans des conditions catastrophiques, se souvient l’œnologue-conseil. Nous avons du acheté un pressoir en urgence, – il n’y en avait pas -, il pleuvait tout le temps et nous avons beaucoup trié pour sortir un rouge ». Le rosé a même décroché plusieurs médailles dont l’or au Concours Général Agricole. Les nouveaux propriétaires qui veulent « créer un lieu hors du temps » lancent les travaux sans tarder : la bâtisse pour en faire un hôtel (17 chambres, deux restaurants et une galerie d’art dans l’ancienne cave), et de l’autre côté de la route qui descend vers Lauris, une nouvelle cave flambant neuve. Dans ce nouveau chai livré l’été dernier et confié à Xavier Balespouey, Laurence Berlémont (photo ci-dessous) a voulu des cuves béton pour le rosé et le blanc, des cuves inox et des barriques pour le rouge. Une grande fenêtre dans la boutique lumineuse donne sur les vignes, une autre sur le chai.

Prochaines vendanges en bio

Ici, on cultive la vigne depuis le 17ème siècle. Dans les années 90, le domaine s’était même taillé une belle réputation en rentrant dans le guide Parker. Aux 20 ha de Fontenille ont déjà été rajoutés une ancienne partie du domaine, 11 ha du Champ des Lunes rachetés à l’abbaye de Pierredon, et quelques ha en fermage, ce qui amènera le vignoble à 35 ha en production d’ici 2017. Sur les sols argilo-calcaires et caillouteux, les cépages emblématiques de l’appellation : syrah, grenache noir et blanc, rolle mais également viognier, petit syrah (durif), mourvèdre… La production est à 50% en rosés, 35% en rouge et 15% en blancs. 22 000 pieds de rolle, cinsault et syrah ont déjà été replantés, 3 ha ont été palissés, les vignes ont été désherbées mécaniquement et sans herbicides puisque Fontenille a entamé de suite une reconversion en bio (la certification est prévue en 2016). Le domaine a d’ores et déjà retrouvé sa magnificence. L’ancien occupant des lieux, Pierre Levêque, ne cesse de l’admirer au quotidien puisqu’il a souhaité rester tractoriste sur le domaine. Le moyen idéal pour profiter de ce joyau provençal sans les contraintes de la gestion.

Dégustation

Domaine de Fontenille rosé 2015 : 50% grenache, 30% syrah , 20% cinsault. Des aromes de petits fruits rouges et de framboises sur un léger parfum de rose et une pointe d’agrumes et d’épices douces. Frais et aromatique

Domaine de Fontenille blanc 2015 : 40% grenache blanc, 40% rolle, 20% clairette. Des arômes de fleurs blanches et de pêches sur une note acidulée pour un vin d’une belle fraicheur.

Domaine de Fontenille rouge 2014 : 70% grenache, 30% syrah. Des raisins à maturité optimale, une fermentation et un élevage en cuves béton et foudres. Des arômes de fruits rouges bien mûrs sur des notes épicées pour un vin de belle amplitude.