PHOTO AFP / PHILIPPE DESMAZES
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Le tribunal de Villefranche-sur-Saône (Rhône) a estimé mardi qu’il n’y avait pas lieu de poursuivre Thibault Liger-Belair, vigneron bourguignon qui avait refusé de traiter ses vignes contre la flavescence dorée.

Le tribunal a estimé que l’arrêté préfectoral exigeant qu’il procède à des traitements insecticides était nul parce qu’il n’avait pas été validé par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, rapporte à l’AFP l’avocat du vigneron Michel Desilets.

Le parquet a dix jours pour faire appel de la décision.
La flavescence dorée est une jaunisse de la vigne incurable. Pour enrayer sa progression, il faut lutter contre l’insecte qui la propage, la cicadelle. Chaque préfecture décide de son côté d’imposer des traitements insecticides en fonction de la situation sur son territoire, sans l’assentiment du ministère. Ainsi, en 2013, la préfecture de Saône-et-Loire a imposé une lutte obligatoire aux vignerons face à la propagation de la maladie sur le Mâconnais. Mais Thibault Liger-Belair a refusé d’appliquer ces traitements par conviction, mais aussi pour souligner une aberration administrative car son domaine se situe à cheval entre un département où les traitements étaient obligatoires (la Saône-et-Loire) et un autre où il ne le sont pas (le Rhône).

L’an dernier un autre viticulteur, Emmanuel Giboulot, avait été poursuivi pour les mêmes faits en Côte-d’Or. Il avait été relaxé en appel. Un dossier très suivi alors, sur fond de débat sur l’usage des pesticides et alors que Stéphane Le Foll prône une réduction de l’usage des produits phytosanitaires.