Photo Alexandre Imbert / UGVC
Photo Alexandre Imbert / UGVC

Les viticulteurs de l’AOC de Cognac avaient raison d’être prudents lundi matin quant aux dommages causés par les deux nuits de froid du week-end du 4 mai. Les premiers chiffres qui circulaient étaient de 3 à 5% du vignoble touché, on parle désormais de 15%.

« Il faut toujours deux bonnes journées pour faire un état des lieux serein, pour voir les tissus qui deviennent marrons et de fait si lundi nous étions optimistes, il s’avère que les dégâts sont plus importants que prévus », explique Patrice Piveteau, le directeur de la maison Frapin. « Les scientifiques nous donneront très vite les raisons mais la première hypothèse pourrait venir de ces deux nuits consécutives de froid entre lesquelles la plante n’a pas eu le temps de retrouver de la vigueur », ajoute Patrice Piveteau.

Car aux quatre coins du vignoble, on reconnaît que ça s’est joué à quelques dixièmes de degré pour le meilleur ou pour le pire. Et ce aussi bien la nuit du 5 mai que celle du 6. Mais cumulées, les deux vagues de froid semblent avoir eu un impact majeur sur le vignoble. Selon le communiqué du BNIC (Bureau National Interprofessionnel du Cognac), la première estimation est de 15% à l’endroit du vignoble touché, ce qui correspond à quelque 12 000 hectares. Comme toujours, le gel a touché les viticulteurs de façon hétérogène. Certains sont passés entre les mailles du filet tandis que d’autres sous les fourches caudines, pour une perte totale, ou presque. Une centaine de communes ont été touchées dans les territoires suivants : la plaine de Gensac-la-Pallue, la Couronne, Roullet-Saint-Estèphe, Moulidars, Echallat, Vallée du Né, Barbezieux Saint-Hilaire, Baignes, les bas de Saint-Preuil, Bouteville et Mainxe, le secteur de Jonzac et notamment Moings, du côté de Pérignac et les pays bas (Houlette, Courbillac, Bréville, Ballans…). Toujours selon le BNIC, des « mesures activables » vont être prochainement annoncées.