A cinq jours du coup d’envoi de Vinexpo, qui sera inauguré par le président de la République, l’examen parlementaire de la loi Macron a remis sur le devant de la scène une possible retouche de la loi Evin. Polémique en vue.

Le vin aura rarement été aussi politisé. A cinq jours de l’ouverture de Vinexpo, le rendez-vous international des professionnels du vin qui se tiendra à Bordeaux du 14 au 18 juin et qui sera inauguré par le président de la République François Hollande, l’examen en deuxième lecture à l’Assemblée Nationale de la loi Macron remet sur le devant de la scène la question de l’assouplissement de la loi Evin.

Comme le rappellent ici nos confrères du journal Sud-Ouest, c’est le sénateur de Gironde Gérard César qui a fait bouger les lignes en mai dernier, en faisant adopter dans la loi Macron, contre l’avis du gouvernement (Marisol Touraine et Stéphane Le Foll en tête) un amendement visant à distinguer plus clairement « la publicité (champ d’application de la loi Évin) d’un article de presse écrit par un journaliste. Deux univers distincts. Faute de clarté dans le texte originel de 1991, la jurisprudence a régulièrement condamné depuis des organes de presse pour des articles assimilés à de la publicité. » Une situation intenable pour la filière viticole, qui dénonce le traitement dont elle fait l’objet dans un pays où le vin constitue le second pôle d’exportation.

Comme le souligne, toujours dans Sud-Ouest, Gilles Savary (député PS qui avait renoncé à inclure l’amendement dans la loi Santé), « la loi Macron est en faveur de la compétitivité et de l’emploi. Il est tout à fait logique d’y inclure le vin qui est notre deuxième poste dans le commerce extérieur et représente des centaines de milliers d’emplois. La France est le seul pays viticole au monde qui se tire une balle dans le pied en refusant de communiquer sur le vin. Nous ne remettons absolument pas en cause la loi Évin et les viticulteurs eux-mêmes font campagne pour une consommation raisonnable et modérée ».

Alors que Marisol Touraine s’est clairement prononcé contre l’adoption de cet amendement (« la loi Macron ne peut pas servir à détricoter les politiques de santé publique ») tandis que Claude Évin a manifesté son « inquiétude » sur un amendement qui ne ferait qu’ajouter « de la confusion », tous les regards se portent désormais sur François Hollande, attendu dès dimanche à Bordeaux pour l’ouverture de Vinexpo. Les messages envoyés à la filière par le président de la République seront décortiqués avec la plus grande attention. Ainsi que le rappelle Bernard Farges, président du CIVB, « quand on assume de vendre des Rafale, on peut assumer que la France soit un grand pays viticole ». Le ton est donné.