La cave coopérative des Vignerons de Buzet vient de s’offrir le château de Buzet-sur-Baïze, emblème de la commune et de l’appellation. Reste à réhabiliter les lieux pour envisager un projet œnotouristique.

« En achetant le château, on a racheté surtout le symbole de l’appellation et un patrimoine qu’il était indispensable de préserver » estime Pierre Philippe, le directeur des Vignerons de Buzet dans le Lot-et-Garonne. La cave coopérative (188 adhérents sur 1870 hectares, représentant près de 95% des volumes de l’AOC) vient donc d’acquérir le château de Buzet-sur-Baïze qui s’étend sur une quinzaine de pièce soit près de 1000 m2 sur quatre niveaux entourés d’un parc d’une douzaine d’hectares planté d’essences rares, avec en prime une tour fortifiée, un pavillon de chasse, une glacière en pierre de taille, une ancienne église, un portique à colonnes… inscrits en 1989 aux Monuments historiques. Le dernier propriétaire, le docteur Demongeat, en avait fait l’acquisition en 1981 ; les héritiers cherchaient à le vendre depuis quatre ans après avoir mis aux enchères meubles et objets. « C’était une opportunité qu’il ne fallait pas laisser passer même si une coopérative n’a pas vocation à investir dans le patrimoine, complète Pierre Philippe. Il nous a paru évident de préserver cet ensemble dans le cadre de notre stratégie de Développement Durable. Notre premier objectif va être de mettre hors d’eau et hors d’air le bâtiment plutôt dégradé. Son utilisation n’est pas encore clairement définie mais nous utiliserons sans doute les communs une fois restaurés comme réceptif pour nos clients et acheteurs et nous pensons à terme ouvrir le parc au grand public ». Le château apparaît d’autant plus comme une vitrine de Buzet qu’il est visible de l’autoroute A62 qui relaie Bordeaux à Toulouse. La première démarche de Pierre Philippe a d’ailleurs été de demander à la société de gestion de l’autoroute un panneau indiquant le château aux automobilistes mais la procédure est longue.

Retrouver les vignes d’antan

Cette acquisition dont le montant n’a pas été communiqué a bénéficié de quelques aides de la Région, du Département et des Monuments historiques, juste de quoi sécuriser le site. La coopérative cherche désormais à signer des partenariats avec des entreprises internationales pour se donner les moyens de réhabiliter le site à vocation culturelle et œnotouristique mais à connotation technique. L’origine du château remonte à 963 mais il a été reconstruit au XIe siècle après avoir été incendié par les Anglais. Il a changé plusieurs fois de mains au cours des siècles (dans les familles Flamarens, Beaumont) pour finir dans la famille de Noailles à la fin du 19ème siècle jusqu’en 1930. A cette époque, il était au cœur d’un domaine de 500 hectares qui aurait comporté une centaine d’hectares de vignes. La cave a demandé à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour d’effectuer des recherches à ce sujet.