La grêle a très violemment frappé l’Aude mardi soir, autour de Limoux et sur la zone des Corbières littorales ainsi qu’en AOC Malepère.

Marlène Tissière, directrice de l’AOC Limoux, déclare : « la situation est critique, c’est la partie terroir méditerranéen (à l’est de Limoux, la partie la plus proche de la mer), qui a été touchée, un rayon estimé actuellement à 500-600 hectares, touchés de 10 à 100%. Dans sa partie la plus large, le couloir de grêle s’étendait sur 10 km. Comme la grêle est assurable, on est dans la même problématique que des épisodes passés, avec un système d’assurance qui n’est pas adapté : on va donc essayer de travailler avec les instances publiques et les élus pour avancer sur des mesures concrètes ».

Françoise Antech-Gazeau de la Maison Antech à Limoux est sous le choc. « On a beaucoup lutté contre les maladies et là tout s’arrête d’un coup. En 10 minutes, le ciel a changé de couleur. Il est tombé de gros grêlons, il y avait beaucoup de vent, c’était presque une tornade, on ne peut plus rentrer dans les vignes. Il est difficile d’évaluer les dégâts, mais sur le côté méditerranéen en Limoux, il peut y avoir de 50 à 70% de perte de récolte. Pour certains de apporteurs de la maison, les vignes sont dévastées à 100% et le bois touché, ce qui peut affecter l’année prochaine aussi. La maison Antech va rentrer 30% de vendange en moins. Pour les élaborateurs de bulle, on travaille sur des longues périodes de stock et il va falloir gérer. Pour les vignerons, un c’est un drame humain et certains vont devoir passer une année sans revenus. »

Elle poursuit : « même si ces épisodes sont de plus en plus fréquents, nous n’avons pas les moyens pour avoir des dispositifs anti-grêle. Le syndicat et les autorités ont été prévenus. Les vignes sont assurables, mais pas forcement assurés pour tout le monde. Des frais ont déjà été engagés sur cette récolte. Aussi, j’espère qu’il y aura des allégements de charges. Il faut soutenir les vignerons dans leur soucis de commercialisation, tout simplement en leur achetant du vin ».

Guy Andrieu, président de la cave Anne de Joyeuse, à Limoux, estime que « les vignes sont sur une vaste étendue, aussi, toutes les équipes techniques sont sur le vignobles pour évaluer les dégâts, qui seront précisés dans les jours à venir. »

Le syndicat de l’AOC Corbières, avec les techniciens des caves, fait le recensement des dégâts sur son terroir. Sans avoir à cette heure une estimation de superficie ou de pourcentages des dégâts, il sait qu’au sud, Embres, Saint Jean-de-Barrou, Durban, Villeuneuve des Corbières ont bien été touchés, ainsi qu’une zone méditerranéenne, de Roquefort des Corbières, jusqu’à Port–la-Nouvelle et et La Palme.

Les dégâts en Malepère seront aussi à préciser dans les jours à venir, ainsi que les risques de maladie sur les impacts avec l’humidité et la chaleur actuelle.

Photos : Françoise Antech-Gazeau, 3 juillet 2018