Aujourd’hui, comme tous les mois de novembre depuis 1951, le beaujolais nouveau arrive sur les tables françaises… et internationales. Une tradition très populaire qui, à 60 ans, affiche une pleine santé.

La tradition du vin nouveau remonte à l’Antiquité, mais ce n’est qu’à partir de la seconde moitié du XXème siècle qu’elle est devenue une véritable institution dans le Beaujolais, suite à la suppression en mars 1951 du principe d’échelonnement des sorties des vins de la propriété́. Jusqu’à cette date, les ventes de vins faisaient l’objet d’un calendrier minutieux fixant le pourcentage de la ́récolte pouvant être commercialisé et les différentes dates de libération de ces volumes. Le 8 septembre 1951, un arrêté paru au Journal Officiel stipule que « les producteurs ne sont autorisés à faire sortir de leurs chais les vins de la récolte 1951 bénéficiant de l’appellation d’origine contrôlée qu’à dater du 15 décembre 1951 ». Cette date est ensuite avancée au 13 novembre : les vignerons du Beaujolais s’engouffrent dans la brèche et, grâce à leur si typique cépage gamay noir à jus blanc, qui donne des vins friands et fruités à boire jeunes, ils rencontrent rapidement un énorme succès. En 1967, la production de beaujolais nouveau dépasse les 200 000 hl et, en 1985, atteint le chiffre record de 500 000 hl ! Cette même année, un décret fixe au troisième jeudi de novembre la date de la mise à la consommation du beaujolais nouveau.

35 millions de bouteilles

A ce jour, le vignoble beaujolais regroupe plus de 3 000 exploitations (toutes appellations confondues), 12 coopératives, 169 négociants. Les volumes de beaujolais nouveau mis sur le marché, en 2010, s’élevaient à 260 000 hl, soit près de 35 millions de bouteilles. Ce qui représente un peu plus d’un tiers de la production totale du vignoble beaujolais. Les deux-tiers restants sont constitués par les beaujolais et beaujolais-villages, non vinifiés en vins nouveaux, ainsi que les 10 crus du Beaujolais (brouilly, chiroubles, chénas, côte de brouilly, fleurie, juliénas, morgon, moulin à vent, régnié, saint-amour). Avec 115 511 hl de beaujolais nouveau exportés dans 110 pays en 2010, représentant 44% des volumes mis en marché, le Beaujolais se place parmi les leaders des vignobles français à l’export (en pourcentage). Le Japon (7 millions de bouteilles), les Etats-Unis (2, 4 millions de bouteilles) et l’Allemagne (1, 2 million de bouteilles) représentent les principaux marchés internationaux du beaujolais nouveau. En France, plus de 145 000 hl de beaujolais nouveau ont été commercialisés en 2010.

Et le vin dans tout ça ? Mettant en avant les excellentes conditions climatiques du millésime et le bon état sanitaire du vignoble, Inter Beaujolais annonce un cru 2011 à la fois riche et fruité, d’une grande finesse et d’une belle couleur intense. « Les vins sont riches, puissants mais n’en perdent pas pour autant leur fraîcheur. Ils restent très agréables à boire grâce à leur belle rondeur ». A vérifier dès ce soir… avec modération bien sûr !