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Les Côteaux du lyonnais fêtent leurs 40 ans !

Auteur

Jean-Michel
Brouard

Date

06.04.2024

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Fiers d’une histoire millénaire, les Côteaux du Lyonnais fêtent en 2024 les 40 ans de l’obtention de l’AOC. L’occasion de redécouvrir un vignoble méconnu sis aux portes de Lyon et cachant quelques belles pépites. 

Pas facile d’être coincés entre le Beaujolais au nord (auquel les côteaux Lyonnais ont été rattachés jusqu’en 1938) et les côtes-du-rhône septentrionales au sud, Côte-Rôtie en tête. Et pourtant, les Côteaux du Lyonnais jouent la charnière entre ces deux belles régions, avec une identité polycéphale. Bien entendu, le vignoble n’est plus que l’ombre de ce qu’il a pu être par le passé, le phylloxera et l’expansion urbaine vorace de la capitale des Gaules l’ayant fait fondre comme neige au soleil. Pourtant, l’aire d’appellation est absolument gigantesque. Jugez un peu : 12 500 hectares potentiels, soit autant que tout le Beaujolais. Mais les surfaces plantées sont révélatrices d’une situation plus en demi-teinte. Seulement 180 hectares sont aujourd’hui couverts de vignes avec un nombre restreints d’acteurs, environ une quinzaine (dont une cave coopérative). Si l’on remet ces chiffres en perspective, cela signifie que le vignoble des côteaux du lyonnais est plus petit que Chénas, le plus petit des crus du Beaujolais qui affiche 250 ha… En somme, un confetti. Petit donc, mais non dénué d’intérêt. Par sa géologie d’abord. 4 grandes zones que sont le nord-ouest volcanique, les Mont d’Or calcaires au nord-est, les gneiss centraux des monts du lyonnais et enfin, au sud-est, les galets typiques du sud rhodanien. Autant dire des terrains de jeu bien spécifiques donnant naissance à des vins de caractères différents. 

Des vins de soif mais pas que
Question cépages, la chose est vite entendue. Côté rouges et rosés, c’est le roi gamay qui s’est parfaitement acclimaté ici et est le seul à avoir droit de cité. Il s’agit principalement de gamay noir, mais, de manière marginale, on peut trouver également du gamay de Bouze et du gamay de Chaudenay. Côté blancs, le chardonnay et l’aligoté règnent en maître sur une production toutefois minoritaire (15%). Le pinot blanc, bien qu’autorisé dans le cahier des charges, n’est aujourd’hui pas utilisé. Globalement, les vins jouent sur la gourmandise. On peut trouver une constante dans les blancs qui est un milieu de bouche assez gras et une finale portée par une acidité assez traçante. « Jamais sans toi » 2023 (12€) du domaine La Première Etoile en est un bel exemple. Certains terroirs donnent cependant de cuvées plus identitaires, parfois élevées, au beau potentiel de vieillissement à l’image de la cuvée Les Moraines du domaine de la petite Gallée (16,50€), intense et complexe. La cuvée Probus Mont Dour 2022 (7,5€) du domaine Decrenisse offre quant à elle un joli nez d’encaustique et de miel, avec une matière ample (liée au bâtonnage pendant 10 mois) et une finale vive propre aux sols calcaires. Côté rouge, de la gourmandise encore où les fruits rouges et l’acidité nette se mêlent harmonieusement. La cuvée « Les chênes » 2021 du domaine Prapin (15,50€) régale de son nez au fruité pulpeux et de sa bouche rayonnante. Parfois, les matières sont plus sérieuses et accompagnent des vins de belle facture. Des vieilles vignes de gamay (45 ans) du domaine Régis Descotes donnent naissance à la cuvée « Archevêque » qui, derrière son nez marqué par l’élevage (moka, pain brûlé) se révèle d’une grande densité jouant le cacao et le mentholé, mais sans excès. Un vin plein et suave. Deux coups de cœur enfin. Le premier pour la cuvée « Cœur des hommes » 2022 (20€) du domaine Rostaing-Tayard, velouté, équilibré, aux tannins poudrés et à l’énergie finale enthousiasmante. Le second avec le « Galet » 2016 (17€) du domaine Clusel-Roch qui ferait presque pencher pour une délicate syrah au nez avec ses notes de pivoine et de fruits noirs fins. Juteux et très floral, un vin poétique par l’un des très bons producteurs de Côte-Rôtie.