(photos P. Martinez)
(photos P. Martinez)

Être un influenceur est un rôle qui ne se limite pas seulement aux réseaux sociaux. Gilles Gelin (Domaine des Nugues) est de ceux qui ont une vision pour le vignoble, et qui l’incarne non seulement dans leur domaine, mais aussi dans les instances dirigeantes du vignoble.

Membre du conseil d’administration de l’ODG (organisme de gestion) des Beaujolais Villages, membre du bureau de l’ODG des crus, co-président de la commission communication à l’InterBeaujolais, membre du conseil de l’interprofession… Gilles Gelin maîtrise parfaitement la notion d’engagement, ainsi que celle de liberté : il rend toutes ses indemnités perçues au titre des fonctions pré-citées afin de conserver sa liberté d’expression, en toutes circonstances.

Les membres de la bientôt grande famille des éclaireurs du vignoble beaujolais partagent tous la même vision. La tradition et l’héritage ne doivent pas s’opposer à la modernité. Les écueils éculés du Nouveau ne doivent pas l’emporter sur la vision d’ensemble du vignoble, ni même sur la possibilité de réinventer le Nouveau. Le vignoble regorge de terroirs magnifiques, et la démarche de valorisation par la définition de climats, lieux-dits et premiers crus est désormais une évidence. Sont d’ailleurs déjà en cours avec la définition d’une mention « pierres dorées » pour les vins issus de l’AOP Beaujolais et produits sur cette zone géographique, ainsi que la création d’appellations communales en Beaujolais Villages.

Gilles Gelin décline cette vision qualitative et engagée au sein de son domaine, sur l’ensemble de ses cuvées. Porté par son amour profond pour son terroir et son cépage, et convaincu de ses qualités, il n’hésite pas à innover et sortir des sentiers battus. Gilles a d’ailleurs obtenu le trophée Vin et vigneron de l’année 2018 aux Trophées de la Gastronomie (organisé par le quotidien Le Progrès et les Toques Blanches)

En témoigne sa cuvée de Beaujolais Nouveau, qu’il vinifie sans soufre depuis quatre ans, et la cuvée baptisée « Quintessence », pour laquelle tout est dans le nom. Recherche de maturités plus poussées sur des raisins issus de parcelles classées en Beaujolais Villages, sur la commune de Lancié (proches donc de l’appellation Moulin-à-Vent), sur des argiles ; éraflage, macération longue entre 20 et 28 jours, élevage d’environ un an puis mélange de tire et de presse. Puis Gilles l’attend. Et lorsqu’il estime qu’il est prêt, il l’autorise à quitter la maison : c’est donc le millésime 2011 que l’on peut déguster aujourd’hui.

Son Fleurie, Morgon, Moulin-à-Vent sont à la hauteur de la réputation de chacun de ces crus, et son Beaujolais Villages font preuve d’une jolie concentration et d’une très belle tension, revenant en finale comme pour faire exploser l’aromatique de cette cuvée.

Réformiste mais pas révolutionnaire, visionnaire mais pas totalitaire, et parfaitement conscient des enjeux qui attendent le Beaujolais, qu’ils soient commerciaux ou viticoles, Gilles souhaite voir le vignoble prendre les virages qui s’annoncent pour les dix prochaines années, et ainsi reconquérir sa place de grand vignoble, axé sur la diversité de ses vins autant que sur leur qualité.