Le château de Malromé est situé à 5 km de Langon et à 4 km de Malagar (la maison de François Mauriac). S’il produit des vins en Bordeaux supérieur, il est surtout connu pour avoir été le château du fameux peintre Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901).

Fermé durant 10 ans, Malromé a été racheté en 2013 et, après de considérables travaux de rénovation, il a rouvert au public, en août 2017. Les nouveaux propriétaires, très discrets mais entreprenants, ont décidé d’y proposer une « lecture différente » de l’œuvre de Henri de Toulouse-Lautrec.

Lorsque le visiteur arrive, il a tout de suite un magnifique point de vue sur la façade ouest, la plus ancienne, qui date de 1570 et qui fut longtemps le seul bâtiment – jusqu’à ce que les descendants, enrichis par le négoce, fassent construire aux 17ème et 18ème trois autres ailes qui créeront une cour. C’est dans cette cour aménagée et dotée d’une très belle acoustique que, désormais, on peut écouter des concerts.

En 1883, la comtesse Adèle de Toulouse-Lautrec achète le château, avec ses 32 ha de vignes. Le jeune Henri de Toulouse-Lautrec y passera son enfance et son adolescence, y viendra fréquemment (Malromé est « son refuge ») et y mourra également. Colette Paris, remarquable guide, passionnée par la vie et l’œuvre de Henri de Toulouse-Lautrec, saura vous dire pourquoi cette femme mariée achète personnellement sur sa dot ce château et pourquoi on n’y trouve pas de peintures originales. Sa formation à l’école du Louvre et son enthousiasme enchantent les visiteurs.

Un œnotourisme axé sur Toulouse-Lautrec

Si l’on découvre que Henri de Toulouse-Lautrec a « révolutionné l’art de l’affiche et initié une publicité avec de nouveaux codes » on écoutera aussi les anecdotes distillées par Colette, comme celle de l’identité du portrait dessiné par le peintre sur un mur de l’appartement. « Probablement le cocher ou peut être le maître de chai », disait-elle jusqu’alors, prudemment mais avec une certaine intuition, lors des visites. Ce n’est que récemment qu’elle a su la véritable identité de celui que Toulouse-Lautrec a esquissé sur ce mur: grâce à un ancien employé, âgé de 90 ans, venu visiter le château. En effet, depuis que le site est rénové, ils sont nombreux à venir faire la visite. Certains, aimant la mémoire des lieux, font des commentaires et, parfois, révèlent des informations ou des secrets qui permettent de mieux reconstituer l’histoire des lieux. Ces visiteurs « reviennent parfois avec des photos prises au cours du 20ème siècle » indique le directeur général, Jean-Paul Paris, le mari de Colette. Celui-ci assure la dégustation qui conclut la visite, dans un espace de la boutique. Il se félicite de « la progression des ventes qui suivent la courbe du nombre de visiteurs : 8000 depuis le 1er janvier 2018 »

Le Château Malromé peut accueillir des séminaires dans la nouvelle salle baignée de lumière et qui donne sur la cour du château. A l’étage au-dessus, le musée d’art contemporain qui accueillera à partir du 6 octobre les œuvres d’Angélique Chabot (en savoir plus).

A table… et en cave

En traversant la cour, le visiteur accèdera au nouveau restaurant Adèle maison Darroze géré par Jean-Charles Darroze, cuisinier de la très réputée maison Claude Darroze à Langon. On peut y déjeuner en semaine, en terrasse et en salle. Le restaurant Adèle propose également une formule intéressante : le brunch du dimanche. Il convient de réserver. Bien entendu les vins du domaine font partie de la carte resserrée.

Les vins sont élaborés par Charles Estager, accompagné par l’œnologue Bruno Lacoste. Les cépages rouges occupent 36 ha, Le merlot domine avec 60%, les blancs occupent 6 ha et se partagent entre le sauvignon (53%), le sémillon (43%) et la muscadelle (2%). Charles Estager se félicite en cette période de vendanges de la qualité du raisin. « Nous sommes sur des conditions climatiques idéales, et, bien qu’il n’y ait pas d’abat d’eau comme il a pu y en avoir ailleurs, la vigne ne connaît pas de stress hydrique, car le sol est argileux et profond ». Les vins vendus en boutique proposent une étiquette reproduisant les œuvres de Henri de Toulouse-Lautrec. Le marché asiatique, qui absorbe une partie de la production, « préfère des vins plus souple n’ayant pas fait d’élevage en barrique » et n’ont pas droit à ces étiquettes spéciales.
Enfin, Jean-Paul Paris indique non sans une fierté légitime que le château de Malromé a obtenu en 2016 le label « maison des illustres » délivré par le ministère de la culture. Ce label « signale des lieux dont la vocation est de conserver et transmettre la mémoire de femmes et d’hommes qui se sont illustrés dans l’histoire politique, sociale et culturelle de la France. À ce jour, le réseau compte 226 Maisons. ». Seuls trois sites ont ce label en Gironde. A côté de la maison de Malagar et du château de La Brède il faudra compter sur le Château de Malromé : une belle récompense, bien méritée.

www.malrome.com