(photo : Château d'Arsac)
(photo : Château d'Arsac)

La vague de froid annoncée le week-end dernier a donné des cheveux blancs aux vignerons du Médoc. Après coup, la majorité des vignobles semblent avoir été épargnée mais les techniciens restent prudents quant à l’impact de cette chute des températures sur la croissance de la vigne.

Sur le vignoble du Château d’Arsac, à Margaux, les hélicoptères ont pris le ciel dans la nuit de samedi à dimanche. « Le thermomètre est descendu au plus bas à moins 2,5°, on a frisé le pire mais je pense qu’on a limité les dégâts avec l’utilisation des hélicoptères et quelques brûlages », explique Olivier Bonneau, le directeur technique. C’est à peu près la même musique plus au nord dans l’appellation de Saint-Estèphe où la température est légèrement moins descendue. « Nous sommes passés tout près, le vignoble semble en bon état », explique le directeur technique du Château Lafon-Rochet, Lucas Leclerc, avant d’ajouter : « mais il faut rester prudent, d’une part il faut attendre un jour ou deux pour voir si les cristaux ont abîmé le tissu mais il faut voir aussi à long terme si ce coup de froid provoque des défauts physiologiques ». Car il y a un effet à retardement possible où ce choc thermique déstabilise la croissance de la vigne notamment à l’approche de la floraison qui devrait se faire d’ici trois semaines. Comme toujours dans le Médoc, les vignobles proches de l’estuaire souffrent moins de ces vagues de froid car le cours d’eau sert de régulateur thermique, mais plus on s’enfonce dans les terres, plus le risque est important. Dans les zones les plus froides du côté de Margaux, on s’est fait très peur. « Mais au final ce n’est pas 2017, se rassure Michel Théron du Clos de Jaugueyron, on a mis des chaufferettes dans les endroits les plus à risque, si ça se confirme, on aura perdu une soixantaine d’ares, on peut s’estimer heureux, à un degré près on prenait lourd ! ». « Dans tous les cas, assure Nicolas Labenne, le directeur technique des Châteaux Lynch-Bages à Pauillac et Les Ormes de Pez à Saint-Estèphe, le soleil est revenu, les vignes sont belles, à nous la belle saison ».