(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

C’est un véritable manifeste, presque une profession de foi que le changement de cap amorcé par les vignerons du Muscadet, qui réaffirment avec force leur amour de l’océan – sans oublier que le vignoble est à l’embouchure de la Loire, près de Nantes.

Ce serait plutôt une re-déclaration d’amour après avoir cherché d’autres émotions à en devenir presque volage. Mais le muscadet profite de sa présence au salon VinoVision pour revenir à ses fondamentaux « Nous sommes vignerons du Muscadet et nous aimons l’océan, passionnément (…) Nous vivons avec l’eau. Huîtres, langoustines, bigorneaux, coques, poissons grillés ou au beurre blanc, cuisses de grenouille : elle est notre vivier, notre agence matrimoniale et se mariages sont éternels », déclamait Olivier Martin, vigneron et président de la commission Communication.

Tous en marinière

D’où le changement d’identité visuelle pour se ranger sous les couleurs d’une marinière bleu marine rayé de blanc (ça, c’est pour l’eau) avec en sous-titre de Muscadet « Vins de Nantes ». La marinière, à l’instar du béret noir des Gascons ou de la vareuse lie-de-vin des vignerons de Bourgueil, habillera et identifiera désormais les producteurs pour leurs animations et dégustations en Pays de Loire et à Paris. Celles-ci vont d’ailleurs se multiplier, notamment à Nantes pour tenter de reconquérir les consommateurs de la métropole. Là encore, l’opération séduction n’est pas nouvelle ; le muscadet, conscient de la piètre image dont leurs vins souffraient au début du siècle, avaient déjà entrepris de faire redécouvrir leur production aux Nantais via divers partenariats avec les festivals. Pour les Folles Journées de la Musique classique, début février, « on sélectionne une cuvée spécifique, en général atypique pour créer la surprise et susciter la curiosité, explique Olivier Martin. En 2017, le Sèvre & Maine 2009 de Manuel Audrain a permis aussi d’expliquer le potentiel des vieux millésimes ». Dans les coursives du Zénith, un bar à muscadet propose depuis une dizaine d’années des vins au verre à 3€ avec deux vignerons par soirée sur une cinquantaine de dates par an. « Et nous voulons renforcer nos liens avec ceux qui font bouger la métropole comme le Voyage à Nantes, structure de la collectivité qui anime la saison touristique, avec notamment davantage de dégustations mêlant vins et musique, notamment avec la gamme Muscadet & Cie, des entrée de gamme en appellations Muscadet, Coteaux d’Ancenis et Gros Plant entre 4 et 6€, pour faire découvrir ces vins, notamment aux jeunes ».

A table à Nantes

Il s’agit aussi d’inciter les restaurants nantais à inviter à nouveau le muscadet à leurs tables. Un partenariat avec le guide Les Tables de Nantes permet de mettre en avant les établissements qui présentent plus de cinq muscadets sur leur carte des vins. La gamme Muscadet & Terroirs est alors mise en avant avec des vins plus élaborés et de garde (en moyenne à 8-15€ prix consommateur) ou les trois crus…en attendant quatre autres prévus cette année.
Prochaines étapes : l’animation des réseaux sociaux, un site dédié et une nouvelle vitrine au château de la Fermoire à Vertou (à 10 km du centre-ville) qui devrait remplacer la maison des vins qui a fermé l’an dernier. Car il le vaut bien ce melon de Bourgogne, unique au monde, ambassadeur nantais entre Loire et océan, incontournable sur un joli plateau d’huîtres.