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À Bourges, « Voilà le printemps ! », une cuvée bien née

Antoine de la Farge ©DR

Auteur

Jean-Michel
Brouard

Date

26.04.2024

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Alors que le célèbre festival berruyer bat son plein jusqu’à dimanche pour sa 48e édition, une cuvée spéciale peut être dégustée dans la ville à cette occasion. Une création d’Antoine de la Farge, l’un des vignerons les plus talentueux de la région. 

De prime abord, la bouteille donne le la. Une étiquette lumineuse où la plasticienne Sylvie Bontemps a imaginé une série d’éclairs multicolores se chevauchant, évocation pêle-mêle de l’énergie unique de ce festival lançant la saison depuis près d’un demi-siècle, de la foule compacte électrisée par une programmation toujours enthousiasmante et de la force minérale du sauvignon blanc sur ces terres du Centre-Loire. Son nom ? « Voilà le printemps ! », comme une évidence. Salut au festival, bien sûr, mais aussi plus largement à la renaissance de la nature et aux premiers vins mis en bouteille. Ce sauvignon blanc est issu du terroir de Menetou-Salon et plus précisément du domaine de la Fidélité (anciennement domaine de l’Ermitage). Son géniteur ? Antoine de la Farge, grand homme mince et affable qui, année après année, a bâti un très bel ensemble viticole en parfait écho avec son histoire familiale enracinée dans le Berry. Petit-fils du cofondateur de l’appellation Menetou Salon, ses parents ont créé dans les années 1980 le domaine de l’Ermitage. Lui, devenu ingénieur agronome et œnologue, passera 5 ans dans l’enseigne Nicolas comme acheteur avant de revenir sur ses terres comme une évidence. Dans un premier temps, la difficulté à acquérir du foncier le conduira à créer une activité florissante de négoce vigneron (Antoine s’occupe du travail de la vigne) à partir de 2015. C’est ainsi qu’il va pouvoir ensuite acheter le domaine Chavet, 30 hectares avec des parcellaires très qualitatifs à Menetou-Salon. Suivront en 2022 4 hectares dans l’appellation voisine de Reuilly avec le domaine Guillemain puis le rachat du domaine familial de l’Ermitage la même année. 

Une gamme très enthousiasmante
L’homme a beau être discret, son talent n’en est pas moins éclatant. Les années passant, les vins d’Antoine s’avèrent d’un niveau toujours plus intéressant. À commencer par les rosés qui se teintent ici d’une identité tout à fait singulière, à l’image de la cuvée La Montaloise 2023 (15 €), un menetou-salon bio issu de pinots droits de Champagne plantés par son grand-père donnant des vins fins et frais. Le nez de grenadine est particulièrement charmeur et la bouche, sapide et saline, confère beaucoup d’énergie à l’ensemble. Côté blancs, mention spéciale pour le pinot gris 2022 (18 €) du domaine Guillemain, un reuilly éclatant, intense à la superbe teinte or gris et aux notes fumées, miellées évoluant vers des plantes infusées (tilleul) et des fruits blancs en bouche où la salinité se révèle encore. L’occasion de découvrir une autre facette de ce cépage parfois malmené. On pourrait aussi citer le très intéressant Clos de Coquin 2022 (20€), velouté et rayonnant. Ce menetou-salon est élevé pour moitié en amphores de grès et pour moitié en fûts de 500 litres. Les rouges ne sont pas en reste. Sur le fil 2022 est un pinot noir vinifié avec très peu de sulfites et qui laisse éclater un nez de cassis frais teinté de poivre, prélude à une bouche dynamique et juteuse à souhait. Un vin qui résume parfaitement la philosophie qu’Antoine imprime dans ses différents domaines, et notamment sur les rouges. « Notre ADN, c’est le fruit, le jus, la gourmandise ». Mais ne vous y trompez pas, la gamme recèle aussi des cuvées plus structurées, révélant toute la magie du pinot noir sur ce terroir façonnée par le calcaire. La nouveauté, le Clos des Jentonnes rouge 2022 (22 €) du domaine Chavet en est le parfait exemple. Réglissé, très floral (rose, pivoine), sa matière est pleine et mûre. Beaucoup de jus, une matière tanique poudrée et une grande allonge fruitée. À encaver pour quelques années sans hésitation. 

©J-M. Brouard
©J-M. Brouard
©J-M. Brouard