(photo : Leonard de Serres)
(photo : Leonard de Serres)

L’emblématique château voulu par François Ier, dont la vigne avait été replantée en 2015, va connaître aujourd’hui ses premières vendanges. Pour des bouteilles attendues en mars 2019.

Durant une dizaine de jours, Chambord va accueillir un bal d’un genre nouveau, celui des vendangeurs. Et leur valse sera scrutée et appréciée avec attention tant cette cuvée est attendue à l’approche du 500ème anniversaire du château. Des vendanges qui couronnent également un projet écoresponsable autant qu’historique, initié par le Domaine national de Chambord, qui a pris la décision en 2015 de replanter des cépages anciens… et pas totalement inconnus du terroir chambourdin.

Il est en effet attesté qu’au XVIIIème siècle, le château possédait une vigne d’au moins six hectares, qui a pu s’étendre jusqu’à 36 hectares, mais qui disparut le siècle suivant, emportée par le phylloxera. Le romorantin était alors le cépage royal, tellement apprécié de sa majesté François Ier qu’il en avait fait venir 80 000 pieds depuis Beaune, en Bourgogne, entre 1518 et 1519

Aujourd’hui, le romorantin subsiste uniquement en appellation Cour-Cheverny et à Chambord puisque, parmi les 12 hectares plantés, figurent 4 hectares de romorantin issus de plants pré-phylloxérique. Le reste de la parcelle est planté d’arbois ou menu pinot, ainsi que de pinot noir et de gamay pour faire du cheverny en assemblage (le vin est récolté hors appellation, mais l’INAO est en cours d’étude pour que la vigne de Chambord soit rattachée à l’AOP Cheverny), et enfin du sauvignon.

Pour veiller sur ce trésor, dont les premières bouteilles pourront être débouchées en mars 2019, Chambord s’est associé à Henry Marionnet, spécialiste des cépages anciens et du vin naturel. À lui d’œuvrer pour la Renaissance de Chambord en évitant le crime de lèse-majesté.