Malgré la très forte pression de mildiou, le 3e grand cru classé de Margaux a réussi à produire, aux dires de son directeur Thomas Duroux, un 2018 de l’étoffe des grands, mais en moindre quantité. Ses précisions.

« On a probablement fait l’un des plus grands Palmer de l’histoire » commence par affirmer Thomas Duroux. Et de poursuivre : « pour faire un grand vin en 2018, il s’agissait de gérer une concentration jamais vue dans les raisins, combinaison de conditions de maturité exceptionnelles et de très petits rendements résultant d’une pression de mildiou jamais vue au cours de ces 50 dernières années. Tout l’enjeu pour nous a été de ramasser des raisins mûrs, notamment sur le plan phénolique, d’où des vendanges qui ont duré un mois malgré les petits volumes. C’était presque une vendange à la sauternaise ! Il a aussi fallu gérer les extractions de façon ultra-pointue pour respecter le style du millésime, qui est puissant, et en même temps garder ce qui fait l’ADN de Palmer, c’est-à-dire une grande sophistication des tanins, que l’on peut qualifier de veloutés » expose le directeur. La biodynamie a-t-elle rendu ce millésime 2018 plus ardu ? « Ça l’a rendu plus difficile sur la gestion du printemps, indéniablement, et le résultat c’est cette petite récolte. Mais je crois que, comme sur les millésimes précédents, ça a contribué à aller beaucoup plus loin dans l’interprétation du terroir, avec un style toujours plus précis, pur, sur le fruit. Année après année, l’identité des parcelles est de plus en plus de plus limpide, et les vins ont vraiment gagné en personnalité et en unicité » détaille Thomas Duroux. Ce Palmer 2018 est « le plus puissant de notre histoire, avec en même temps une ouverture, une complexité aromatique et une sophistication de la structure qui l’ancrent complètement dans notre identité. C’est indéniablement un millésime qui va marquer l’histoire de la propriété. »