Aux dires de son directeur général, Thomas Duroux, si le 3ème grand cru classé de Margaux est intégralement passé en biodynamie en 2013, avec une certification à l’horizon 2017, c’est par conviction, avant toute ambition commerciale.

2015 est le deuxième millésime intégralement en biodynamie pour le château Palmer. Quelle a été la réaction du marché à cette conversion ? « La filière n’a pas réagi de manière significative car on n’en a pas fait une publicité particulière. Pour nous, ce n’est pas véritablement un argument commercial. On ne veut pas que nos vins soient achetés parce qu’ils sont en biodynamie, mais parce qu’ils plaisent. » Il constate néanmoins : « Je pense que cela ne laisse personne indifférent. Il y a un regard bienveillant sur cette démarche. J’ai la conviction profonde qu’une viticulture vertueuse qui abandonne l’usage des pesticides, herbicides, fongicides issus de la chimie, est la direction qui semble la plus naturelle. Les propriétés qui font et veulent faire des grands vins n’auront pas d’autre choix que d’aller dans ce sens. »

Quel a été l’impact de cette conversion sur les vins du château Palmer ? « Ce n’est pas forcément évident à dire car la biodynamie est un long processus. Mais c’est comme si on avait dépoussiéré notre terroir et qu’on en retrouvait les détails. La viticulture issue de l’agrochimie avait un peu tendance à uniformiser. Avec la viticulture biodynamique, on retrouve des typicités plus nettes. Nos vins ont plus d’identité, de précision, et de lisibilité. »