(Photo JM Brouard)
(Photo JM Brouard)

La jeune mais respectée maison de champagne Bruno Paillard vient de dévoiler l’opus 2002 de sa cuvée phare. Un millésime plus long à se faire et mis sur le marché après le 2003.

Quand on n’est même pas quadragénaire, on demeure très jeune. Surtout dans une région où les plus anciennes maisons ont été créées au cours du XVIIIème siècle. Il en va ainsi des champagnes Bruno Paillard, nés en 1981 de l’envie d’un jeune homme de construire sa propre structure. Un pari fou qui force aujourd’hui le respect tant le défi s’annonçait grand. Année après année, ce sont ainsi 32,5 hectares de vignes qui ont patiemment été achetés dans les plus beaux terroirs premier et grand crus de la côte des blancs et de la montagne de Reims sur Oger, Ambonnay ou bien encore Verzenay. Aujourd’hui, l’annonce de la sortie du nouveau millésime 2002 de la cuvée haut de gamme de la maison, le NPU (pour « Nec Plus Ultra ») est un événement suivi par tous les amateurs de champagne. Mais cet engouement fait écho aux réticences premières qu’a dû essuyer Bruno Paillard pour imposer ses vins dans les meilleurs établissements au début de son histoire. Un parcours qui explique qu’il se soit d’ailleurs initialement tourné presque exclusivement vers l’export. Une particularité qui reste profondément ancrée dans les gênes de la maison (80% des vins prennent toujours la direction de l’étranger).

Une bouteille qui force l’humilité

La recherche permanente de l’excellence. Voilà le leitmotiv que Bruno Paillard s’impose au quotidien, lui qui, au-delà d’être le fondateur et le propriétaire, continue d’être le nez de la maison ou pour reprendre ses propres termes, « le créateur » des différentes cuvées. Ce NPU n’est autre que la quintessence d’une approche globale. Pour parvenir à ce vin précieux, il fallait une grande année. Seules les plus prestigieuses permettent d’imaginer ici la création de ce vin. 2002 regroupait de toute évidence une somme de qualités propres aux millésimes de légende. A l’instar de 1990, 1995, 1996, 1999 et 2003, ce millésime va donc rejoindre la famille NPU.
Avec une permanence de production. Toujours des raisins issus de parcelles classées en grand cru. Un assemblage faisant autant la part belle au chardonnay qu’au pinot noir, toujours dosé en extra-brut (en l’occurrence 3 grammes). Des jus très qualitatifs issus des premières presses qui sont vinifiés dans de petits fûts de chêne. Ils y passent 10 mois avant de commencer un long sommeil de 10 ans sur lies a minima. Ce seront même 11 ans cette fois-ci. Un temps nécessaire à l’éclosion d’un nectar excessivement complexe, rond, envoutant avec ses notes d’épices orientales, de frangipane et d’agrumes confits. Le tout porté par une fine note oxydative qui apporte une belle signature à l’ensemble. Un champagne superlatif qui se révèle et évolue énormément au fil des minutes passées dans le verre. Une rareté (seulement 6200 bouteilles et 300 magnums) dont le prix (195 € la bouteille) est celui d’une décennie de patience.