Si vous êtes amateurs de champagnes bios, singuliers et haut de gamme, voici un nom à suivre de très près et très vite. Racheté en 2011 par un couple franco-américain, le champagne Leclerc-Briant aspire à devenir – rapidement – l’étoile du champagne bio.

Pour Leclerc-Briant, le bio est dans les gènes. Créée en 1955, la maison a mené ses premiers essais de conduite bio dans les années 60, avant de basculer peu à peu les 30 ha du vignoble en bio (certification en 2004) puis en biodynamie (2008). Jusqu’au décès brutal et prématuré de Pascal fin 2010, quatre générations Leclerc-Briant se sont succédé à la tête de l’entreprise, dont certaines personnalités charismatiques et avant-gardistes sur les thèmes de l’écologie.

Forte de ce patrimoine, Leclerc-Briant affirme l’identité d’une maison à part. « Nos valeurs, ce sont le respect – celui de la plante, du vin – et la singularité », explique Frédéric Zeimett, directeur général et acteur du projet. Et d’ajouter : « La biodynamie, c’est le contraire du laisser-aller, c’est forcément un positionnement très haut de gamme ». En filigrane, le nouveau souffle apporté à Leclerc-Briant vise à repositionner la maison pour en faire une icône du bio.

Bio-chic

Pour ce faire, des investissements très conséquents sont mis en œuvre par la famille Depré-Nunnelly. Sans tambour ni trompettes, cette discrète famille franco-américaine spécialiste de l’hôtellerie et de la finance, développe, l’un après l’autre, chaque pilier de la marque.

Côté raisins, des contrats d’approvisionnement ont été signés sur les anciennes vignes familiales ainsi qu’avec une dizaine de vignerons bio triés sur le volet. Leclerc-Briant devient ainsi la première maison 100 % bio rayonnant sur tout la champagne.
Côté vins, Hervé Jestin, œnologue référence en Champagne pour la biodynamie, orchestre la production. L’outil de vinification à Épernay est en cours de reconstruction, avec nouvelle cuverie, chai à barriques, toit végétalisé et esprit « bio chic ».

Côté marketing enfin, les packagings ont été revus, la gamme affinée et repositionnée en prix, tandis que le réseau commercial est reconstruit de manière sélective et internationale.

De 80 000 bouteilles aujourd’hui, Leclerc-Briant ambitionne de monter à 200 000 d’ici quelques années, avec un positionnement très haut de gamme et en poussant des champagnes à forte personnalité comme des sélections parcellaires, des spécialités ou un clos récemment acheté à Villers-Allerand en Montagne de Reims.

Miser sur l’oenotourisme

Dernier atout dans la manche de cette maison de champagne singulière : le tourisme œnologique.
Le siège d’Epernay fait l’objet d’une importante rénovation dans un objectif de prestige et de réceptif. En parallèle, la famille Dupré-Nunnely a acquis en août dernier l’hôtel Royal Champagne, situé face à Épernay sur les coteaux viticoles candidats au classement Unesco. Ce Relais & Châteaux à l’éclat un peu terni va faire l’objet d’une restructuration complète avec l’installation d’un spa en joint-venture avec Les Sources de Caudalies et la création d’un restaurant de haute gastronomie.

Si ce palace sera une locomotive touristique pour toute la région, il servira aussi, à n’en pas douter, d’écrin Briant au champagne éponyme !

Joëlle W. Boisson

Terre de Vins aime :

Leclerc-Briant Brut (25, 50 €) : cet assemblage séduit d’emblée par son nez d’agrumes, d’ananas, de mirabelle, ses notes de jasmin et d’acacia, légèrement automnales (champignon, truffe blanche). Entre opulence et minéralité, on croque dans des fruits blancs à point, pêche juteuse, poire vanillée. De beaux amers viennent compléter son caractère mûr, plein, ciselé, aérien. Belle entrée en matière pour découvrir le reste de la gamme, du brut Réserve, plus vineux et iodé, au Millésime 206, plus riche et complexe.

Les chèvres pierreuses 2008 (40 €) :
ce premier cru de pinot noir, chardonnay et pinot meunier est d’une précision fraîche et ciselée. Les bulles tourbillonnent dans un nez de craie, d’iode, touches orientales de jasmin, de thé vert. La bouche est séveuse et délicate, mandarine, anis et cèdre, on salive, on y revient. A servir sur une chair délicate, un bar juste grillé ou un brillat-savarin crémeux.