Mercredi 25 Mars 2026
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25.03.2026
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Après l’avant-goût des primeurs, voici le goût des livrables du millésime 2023. L’équipe de dégustateurs de Terre de Vins : Julia Bouchet, Jean-Charles Chapuzet et Michel Sarrazin, menée par Mathieu Doumenge, a revu sa copie. Après deux ans d’élevage, les potentiels prometteurs détectés au printemps 2024 se sont confirmés, tandis que ce temps n’a pas toujours comblé les faiblesses de certains échantillons. Finalement, celui qui ressort gagnant de cette année en demi-teinte, qui succède à 2022 reconnue unanimement pour sa qualité, c’est le consommateur avisé qui trouvera, parmi la sélection de Terre de Vins, des réussites forcément plus accessibles que l’année précédente. Bonne lecture !

Dans cet article retrouvez les commentaires de dégustation pour les appellations : Pomerol et Lalande de Pomerol.

Joli crémeux intermédiaire à Pomerol, entre densité, profondeur, et une jolie vivacité de fruit qui apporte un supplément de tonus à la matrice confortable. La bouche se taille en droiture, sur une fine trame conclue entre acidité et grammage tannique à grains fins. L'ensemble se conclut sur une note légèrement crue, mais qui confirme le côté jaillissant du vin.

Encore teinté par une note toastée et vanillée qui laisse parler l'élevage, il déploie ensuite son fruit « al dente », rouge et croquant, plutôt gourmand. La bouche se dessine sur la droiture et le tonus, un fruit ajusté, pimpant, une finale digeste.

Un joli crémeux se présente au nez, sur un fruit mûr, centré, juste teinté d'une pointe d'élevage, un toasté élégant qui devrait se fondre. La bouche se présente sur une attaque tendre, pommadée, gourmande. On discerne une empreinte tannique encore marquée, qui elle aussi va demander un peu de temps pour intégrer la chair du vin.

S'annonçant sur un nez légèrement confituré, d'une agréable densité teintée d'épices et d'une bonne dose de réglisse, Bourgneuf s'avance sur une certaine générosité. En bouche, on discerne un élevage encore prégnant qui vient enserrer la matière, donner une teinte grillée aux tanins et un caractère un peu strict, qui doit prendre du temps pour se fondre.

On retrouve le nez affriolant que l'on avait détecté en primeur, un côté fraise écrasée voire confiture de fraises. De la gourmandise, donc. L'orientation de style se fait plutôt sur une sucrosité maîtrisée, combinant une matière tapissante, des tanins qui ont de la fermeté, un bon équilibre d'ensemble.

Mariant velouté du fruit et fraîcheur résineuse, l'éventail aromatique capture d'emblée les qualités du millésime. La bouche se révèle un peu plus en demi-teinte, campée sur une matière en droiture, des tanins qui ont peu de rectitude et une finale pour le moins anguleuse. Il nous semble à ce stade un peu en crise d'adolescence, laissons-lui du temps en bouteille pour s'harmoniser.

Belle densité au nez, un crémeux tendre qui se profile sur une belle palette aromatique, fruitée et gourmande. En bouche, on relève une très belle suavité, une grande souplesse de chair et de texture. Le grain de tanins est d'une indéniable élégance, l'équilibre est là, se profilant sur une jolie persistance savoureuse.

Des notes de cuir et de fruits rouges apportent la gourmandise tandis que des notes empyreumatiques s'ajoutent en bouche pour un caractère très solaire. Les arômes explosent sur le palais pour une finale relativement courte mais sapide.

L'opulence et la droiture, un caractère à la fois puissant et sérieux, Clinet confirme la mue que l'on constate depuis quelques années et qui se prononce avec clarté sur ce millésime. Grande précision et éclat aromatique, profondeur, touche fumée et lardée dans l'aromatique, remarquable travail sur les tanins qui apporte de la relance et de la tonicité au vin. Une belle réussite du millésime 2023, qui s'inscrit sur la durée.

Un très joli nez qui promet de la noblesse. L'attaque confirme cette promesse portée par une remarquable fraîcheur sur un assemblage de 75 % merlot et 25 % cabernet franc. C'est la signature de ce 2023, un vin pensé sur la rondeur et la suavité. C'est précis, pur, brillant. La finale sur la mûre consacre ce pomerol première classe. Il conjugue le plaisir dans sa jeunesse et le potentiel de garde.

La Conseillante nous avait laissé une impression très flatteuse en primeur. Elle se confirme sans surprise en livrable, avec cette expression aromatique d'une netteté incroyable : l'éclat, la clarté de ce vin nous alpaguent d'emblée, on fond devant sa gourmandise qui s'habille d'une grande tonicité. Le fruit se décline en droiture, paré de notes florales, voire d'orange sanguine. La bouche prolonge cette dimension à la fois fruitée, ample, sensuelle, mais gainée, très articulée sur une matrice tannique de grande noblesse. La définition de ce vin est remarquable, prometteuse, émouvante : il est délicieux dès maintenant, et il le sera encore dans quarante ans. Le pari est pris.

Un premier nez After-Eight balançant entre le chocolat et la menthe. L'attaque est très suave, ce 2023 est pensé sur le velours et la tendresse, on retrouve ce côté lacté et chocolaté. C'est un style qui procure du plaisir dès sa jeunesse.

Très teinté par l'élevage à ce stade encore, laissant discerner des notes fumées, vanillées, boîte à cigares sur le fruit noir, il s'avance sur une certaine maturité. La matière est taillée en droiture, plutôt fine, qui est préemptée par le bois, les tanins s'en ressentent par une certaine fermeté. Il demande à se fondre.

Un nez de fruit crémeux, tendance mûre sauvage, sur un léger matelas de cacao torréfié. La bouche est très pomerolaise, crémeuse, tendre, sphérique, se campant sur le fruit noir chocolaté. Une gourmandise poivrée, légèrement grillée en finale.

Un merlot sur la maturité, mais aussi sur la fraîcheur. Une gelée de mûre bien gourmande, juste rehaussée d'une pointe de réglisse. La bouche est bien équilibrée, sur une concentration poussée mais tonique, tenue par des tanins fermes, et signée par une finale aux amers nobles de chocolat noir.

La signature feutrée et élégante de L'Église Clinet s'affirme nettement sur ce millésime. Un nez mentholé, frais, très aérien, confinant au floral, annonce une matière suspendue et crémeuse. La bouche vient confirmer : pile sur le point d'équilibre entre le sanguin, le crémeux, le vibrant et le délicat, elle se positionne très haut en termes d'énergie, de juteux et d'allonge, déroulant sa palette aromatique en subtilité (de la pivoine au cachou en passant par le thé vert) et surtout une superbe longueur tactile et salivante. C'est de la belle ouvrage, fine, précise et singulière.

Un très joli nez sur la gelée de framboise avec des notes fumées, le tout dans la noblesse. L'attaque est fraîche, le pétale de rose se mêle aux fruits rouges. C'est sphérique, savoureux, l'architecture est équilibrée entre la sucrosité et l'acidité. Un séduisant 2023 !

Le nez affiche une noblesse évidente, teintée de notes chocolatées. En bouche, le fruit plein s’articule parfaitement avec une structure déjà bien intégrée. On retrouve des nuances de chocolat au lait, de garrigue, puis un tourbillon de mûre et de cassis relevé d’une touche de cacao.

Joli nez charmeur qui hésite entre des notes de fruits rouges – qu'on retrouvera en fil conducteur pendant la dégustation –, un fin toasté, du graphite et l'eucalyptus à l'agitation. L'attaque séduit, toujours sur le fruit, mais évolue vers un peu plus de rigueur. La finale joue sur le binôme fruits rouges et fraîcheur.

Joli nez charmeur qui hésite entre des notes de fruits rouges qu'on aura en fil conducteur pendant la dégustation, un fin toasté, du graphite et l'eucalyptus à l'agitation. L'attaque séduit, toujours sur ce fruit, mais évolue vers un peu plus de rigueur. La finale joue sur le binôme fruit rouge et fraîcheur.

C'est une grande élégance qui se dégage de ce La Fleur-Pétrus 2023, dont le fruit, saisi à pleine maturité, semble se camper sur une vitalité florale, un tremplin de violette bien singulier. La bouche est remarquable dans sa définition tactile : matière charnue et élancée, tenue par un corset tannique vigoureux et précis ; longueur, persistance, finale savoureuse, juste ponctuée de très fins amers de chocolat noir et de réglisse. C'est de la haute couture.

La cerise s’impose d’emblée, noire, pulpeuse, presque croquante. On retrouve immédiatement ce que l’on vient chercher à Pomerol : un fruit ample, expressif, qui conjugue intensité et fraîcheur. La bouche déploie cette trame de bigarreau éclatante, soutenue par des fruits noirs plus profonds qui apportent du volume. L’acidité, parfaitement ajustée, maintient le vin en tension. Les tanins fins structurent sans durcir, donnant à l’ensemble une vraie cohérence. Déjà très séduisant aujourd’hui, il possède aussi l’assise nécessaire pour évoluer avec élégance.

Le nez se distingue par son élégance immédiate. La bouche confirme cette impression. Elle évolue sur des notes de fleur de sureau et de tarte à la myrtille. Un léger gras vient enrober l’ensemble, apportant confort et harmonie. La finale, subtilement saline, prolonge la dégustation avec fraîcheur.

Un joli crémeux au nez, une fine couche de torréfaction, une discrète combinaison de fraise confite et de gelée de mûre, teintée de camphre. C'est un bien joli éventail aromatique. La bouche est remarquable d'équilibre entre la densité tubulaire du fruit et l'habillage tannique, sérieux et imprégnant bien le jus. Le vin se déroule en droiture, sur une certaine réserve mais promet une très belle évolution à la garde.

Toujours signé par son enrobage crémeux caractéristique, Hosanna ne déroge pas à la règle en 2023, déclinant sa sensualité pomerolaise sur un fin matelas de chocolat noir. La matière en bouche convoque, comme à son habitude, un volume conséquent, beaucoup de densité mais aussi un vêtement tannique à fine couture, qui vient habiter l'espace avec grâce. Puissance et tendreté, impeccablement combinées.

Profondeur, verticalité, rigueur enrobée de soie : la signature très singulière de Lafleur se retrouve sur ce 2023. Au-delà de l'expression même du millésime, c'est l'identité du lieu et de l'approche technique de la propriété sur la durée qui vient ici se distinguer. Très sculpté, le vin se dessine sur la définition tactile, imprimée de tanins en pointillés, qui viennent apporter juste ce qu'il faut de grip à la chair en suspension, veloutée en majesté. C'est une très grande réussite, confirmant l'impression laissée en primeur.

L'enrobage de ce vin ne cesse de nous séduire : crémeux en diable, il nous en dit beaucoup sur le millésime 2023, mais avant tout sur l'approche d'interprétation du terroir qui est celle de l'équipe de Lafleur. Comparé au profil qu'il nous proposait en primeur, il se révèle un peu plus rigoureux, mais il conserve ce bel équilibre de bouche, à grain fin et à chair ferme, qui s'étire en longueur et se révèle d'un irrésistible équilibre entre séduction et exigence.

Agréables notes de chocolat au lait sur le fruit rouge, toasté élégant, légère note kirschée, ce pomerol diablement sexy s'est bonifié à l'élevage. Il s'équilibre remarquablement bien entre la plénitude et le ressort, combinant de la vitalité en bouche et un certain enrobage gourmand. L'ensemble se resserre un peu en finale sur une note acidulée, mais présente un joli potentiel d'évolution.

L'élevage a bien bénéficié à ce Lagrange (à Pomerol) qui s'est joliment étoffé et présente aujourd'hui un profil pomerolais à souhait, crémeux, ourlé, gourmand. Le 100 % merlot dans sa plus agréable acception, plein de tendreté rassurante, juste porté par des tanins minutieux, et dont la sucrosité s'équilibre d'une belle buvabilité réglissée en finale.

Il s'était bien présenté en primeur et il confirme en livrable. Se signalant en premier lieu par son toasté encore un peu trop claironnant, il affiche tout de même une jolie crème de fruit, ample et nappante, très pomerolaise. La bouche est voluptueuse, tout en rondeur molletonnée, imprégnée de tanins finement granuleux, juste ponctuée par une finale légèrement stricte. Un temps de garde est recommandé pour que l'ensemble, prometteur, finisse de se fondre.

Un très joli nez qui nous plonge dans le charme des vins de Pomerol, pommadés, charmeurs, gourmands. L'attaque est d'une grande fraîcheur, les tanins se resserrent en finale. La tension annonce un très beau potentiel de garde.

Tout se joue dans la délicatesse. La bouche s’ouvre sur une cerise noire gourmande, précise, portée par des tanins d’une grande finesse. Le vin développe un caractère floral affirmé, avec une note de rose qui apporte élégance et relief. L’ensemble est savoureux, harmonieux, d’une belle souplesse.

Le nez oscille entre poivron grillé et cerise à l’eau-de-vie, dans un registre franc et expressif. En bouche, la griotte prend le relais, relevée par une pointe de poivre blanc. L’attaque est ronde, généreuse, immédiatement tournée vers le plaisir. La matière reste souple, sans aspérité.

Un nez de fruit confit sur un matelas légèrement grillé, entre framboise en gelée et touche de tabac brun. Le fruité est bien centré, juste auréolé d'une touche de poivre et une légère empreinte d'élevage encore à ce stade. L'assemblage est dominé par le merlot (67 %) suivi de cabernet franc (30 %) et de cabernet sauvignon (3 %). Ce livrable confirme la progression de Nenin en termes de précision.

Un beau gras se profile au nez, juste irrigué d’une touche de nervosité propre au millésime. La bouche est traçante, construite sur une architecture tannique de belle facture. Plutôt taillée en droiture, la chair s’enrobe d’un velouté très pomerolesque, la densité étant gratuite, le gainage vient en sus : Petit Village poursuit sa mue.

L'indisputable élégance ouatée de Petrus se profile dès le premier nez, à la fois suspendu et ancré. On devine un équilibre certain entre la densité et l'énergie. Le profil de ce 2023 nous emballe par sa complétude, dessinant une trajectoire tubulaire, tout en s'enrobant d'un charnu voluptueux, l'ensemble gainé par un tressage de tanins nombreux mais sculptés au laser. C'est une interprétation tout en balance de ce millésime plein de facettes, sérieux mais sexy, musculeux mais gracieux, incroyablement long. Un Petrus taillé pour les âges, dont on reparlera très longtemps.

100 % merlot comme toujours, et comme toujours on décèle cette expression sensuelle et crémeuse du cépage, qui trouve sur ce terroir l'une des acceptions les plus pomerolaises possibles. Le Pin, dont la dimension traditionnellement crémeuse n'est plus à rappeler, s'habille en 2023 d'un supplément de droiture, de nerf, de tension et de grain qui lui va très bien. Taillé en longueur, d'une sapidité remarquable, signé par un parfum d'une belle sensualité, il tire son épingle du jeu sur ce millésime.

Un nez très cerise, légèrement teintée d'eau-de-vie, d'un joli crémeux convoquant aussi la fraise des bois, nous accueille. En bouche, une matière svelte, plutôt croquante, déliée et digeste, juste empreinte d'une ligne acidulée qui vient dynamiser la chair. Une interprétation gaillarde du millésime à Pomerol, sur la buvabilité.

On relève une certaine distinction au nez, de l'élégance et de la profondeur. Un 2023 précis. En bouche, la trame est fuselée, propulsive, la pureté du fruit se montre séduisante et le travail sur l'architecture tannique est méticuleuse. Finale déliée, sur la souplesse et la buvabilité.

Dès la première gorgée, le fruit occupe le terrain. Grosse cerise noire juteuse qui éclate en bouche. La matière est présente, généreuse, sans retenue. Des notes de chocolat au lait viennent arrondir l’ensemble et accentuer la gourmandise. C’est typiquement le style d’un beau pomerol.

La palette aromatique est nuancée, très élégante sur des touches de violette, de lilas et de chocolat. La bouche, sphérique, confirme un très beau vin, signé par une matière pleine légèrement crayeuse et une chair savoureuse qui donnent de l'assise tout en ménageant une part de sensualité.

Le nez conjugue la cerise cœur de pigeon et la violette pour un résultat dans l'élégance. Le côté acidulé se retrouve dès l'attaque pour un vin qui s'étire et une structure tannique portée par une jolie acidité.

La groseille et le grain de cassis se disputent dès le nez pour un vin qui regarde vers la fraîcheur et l'accessibilité. En bouche, cette fraîcheur résiste pour une structure tannique élégante autant que légère. La finale est saline.

Un premier nez sur des notes fumées et vanillées. Le vin s'ouvre ensuite sur la fraise écrasée, fidèle à l'empreinte pomerolaise. L'attaque est ample et suave, la bigarreau tapisse le palais pour une dégustation très plaisante dès sa jeunesse. Un 2023 très plaisant.

Un joli crémeux se discerne, sur une pulpe de mûre légèrement réglissée. En bouche, une belle rondeur tapissante, juste irisée d'un tapis de tanins fins. Un élevage élégant vient habiller l'ensemble de notes finement vanillées qui devraient se fondre. C'est joliment prometteur et à suivre dans la durée.

Ce nez terrien et sanguin, cette aromatique de fruit sauvage sous laquelle surgit l'encre de Chine, la fleur de sureau, la sauge et le bâton de réglisse, c'est Trotanoy. Un millésime 2023 qui lui va bien, nous l'avions déjà souligné en primeur, et cette dégustation en livrables l'avalise : la bouche est remarquable de droiture, d'élan, d'équilibre entre concentration et fraîcheur. Il a plusieurs vies devant lui.

Vieux Maillet se présente plus à son avantage qu'en primeur, avec un nez en équilibre sur le fruit et le floral. La bouche est plutôt sur la minceur, elle ne se déploie pas sur une matière très large mais s'arque sur une ligne acide bien prononcée, et des tanins qui ont de la rectitude. La finale nous semble un peu courte et sévère, mais il gagne en définition.

Nez expressif, immédiatement séduisant. La bouche s’impose avec gourmandise : mûre, chocolat au lait, tanins intégrés. Fleur de sureau, moka, vanille et une touche de patchouli doux prolongent l’ensemble, sans jamais tomber dans l’excès. Une pointe de silex en finale apporte du relief.

On est séduit par l'intensité du fruit, très dense et profond, plongeant, annonçant un profil tendre et moelleux, sur une opulence contenue et un élevage très maîtrisé. Une note chocolatée sur le fruit noir, un crémeux sensuel qui se deploie en bouche, porté par des notes mentholées qui viennent lui injecter une dose de fraîcheur. La rondeur veloutée de la chair est incontestablement pomerolaise, c'est un point de référence du millésime sur cette appellation.

Un magnifique nez, profond et éclatant, lumineux, doté d’une brillance et d’une énergie remarquables. Une dimension florale extraordinaire, un parfum enivrant où la pivoine et la jacinthe viennent surplomber le bourgeon de cassis, la mûre fraîche, la cerise noire. Quel paysage aromatique, précis, complet, complexe, envoûtant. La bouche est épatante de cohésion, montée en finesse sur un costume tannique haute couture, d’une droiture souveraine tout en étant crémeuse et juteuse. La grande réconciliation du classicisme et de la sensualité, un vin déjà splendide mais taillé pour une très longue garde. La finale est légèrement graphite et crayeuse, un grain fin qui roule sous la langue, savoureuse, racée. Quel style ! Sans doute l’une des très, très grandes réussites du millésime, un vin immense. Et un millésime « de référence » pour Alexandre Thienpont.

Nez délicat sur la fleur de sureau et la fraise écrasée. On trouve aussi de la violette et ce caractère floral tapisse le palais dès l'attaque. La trame tannique est fine avec un joli crémeux et des tanins intégrés. Le chocolat au lait empreinte la finale.

100 % merlot sur sols sablo-graveleux. On aime l'approche aisée de ce vin, qui s'annonce sur un fruité sincère, une note printanière et croquante, sans se départir d'un milieu de bouche juteux et crémeux, habillé de tanins granuleux. Légère âpreté sur la finale, qui se fondra avec un peu de garde.

80 % merlot et 20% cabernet franc. Un nez tendre, assez élancé, combinant du floral avec une touche de fruit à noyau. La bouche se signale par une jolie vivacité, une arête acide saillante qui vient trancher dans la chair svelte, des tanins légèrement grenus. L'ensemble se révèle élancé et digeste.

Le nez est annonciateur d'une belle profondeur sur le fruit noir, avec des notes savoureuses de praliné. L'attaque est très suave, on travaille sur le côté sphérique du vin pour une grande accessibilité dans sa jeunesse. La finale est du même acabit : digeste.

Le versant « frais » du millésime 2023 se signale par un côté très noyau, touche de végétal sur la ronce, un peu de prune à l'eau-de-vie. La trame en bouche est droite, plutôt longiligne, marquée par des tanins assez crissants. Il nous paraît encore un peu sévère à ce stade.

Nez affriolant sur la grosse cerise noire avec de la profondeur. L'attaque est suave, épicée, la structure tannique mérite de se fondre. L'acidité tend l'ensemble pour un potentiel de garde à cinq ans. La finale est sur le chocolat noir.

Fruit rouge croquant, légère touche de pruneau, légère note de ronce de mûre. C'est un joli jus digeste et fin, de la tendreté dans la chair, des tanins qui ont une légère aspérité et une finale un peu crue, croquante, que vient conclure le vin sur un registre digeste.

Joli éclat de fruit rouge, pimpant et légèrement pommadé, déclinant des notes florales du plus grand charme. En bouche, un caractère croquant et digeste nous emballe, tendu sur une arête acidulée et poivrée qui suscite salivation et gourmandise. Un 2023 taillé pour le plaisir !

Un nez sur la fraîcheur, plutôt menthol, touche de ronce. La bouche se révèle un peu raide, taillée sur une matière longiligne, sur la sveltesse, escortée de tanins assez griffus. Laissons-lui deux ou trois ans de garde, il devrait s'affirmer sur la buvabilité en simplicité.

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