Jeudi 11 Juin 2026
Credit Studio Morfaux
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Date
11.06.2026
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Le leader européen des enchères de vin vient de publier son baromètre annuel, mine d’informations sur les grandes tendances en matière de ventes. Sans bouleverser les grands équilibres traditionnels, il confirme toutefois un véritable mouvement de diversification et la montée en puissance de nouvelles régions.
Les années se suivent et se ressemblent pour iDealwine qui n’en finit pas, année après année, d’affirmer sa position d’acteur incontournable pour les enchères vins et spiritueux. Le total des ventes pour 2025 s’est établi à 42,4 millions d’euros, en hausse de 9 % dans un contexte économique pourtant chahuté. Jamais le nombre de bouteilles vendues (309 925 en équivalent 75 cl) n’a été aussi élevé, bondissant de 19 %, porté par le très bon dynamisme de régions traditionnellement les plus recherchées par les amateurs. Bordeaux demeure ainsi celle qui a concentré les volumes d’échanges les plus importants (34 %), passant pour la première fois la barre des 100 000 bouteilles (105 274), en hausse de 22,9 % en un an, témoignant de la désirabilité toujours aussi forte pour les grands vins girondins. La Bourgogne n’est évidemment pas en reste et conserve la seconde place (26,7 % des volumes), elle aussi en progression sensible de 17,2 %. Le Rhône, à la troisième marche du podium (11,3 %), progresse moins (+7,7 %). Toutefois, le décloisonnement des enchères continue de se préciser cette année encore avec la montée en puissance progressive de régions plus modestes, à l’instar de la Loire (5,8 % des volumes, +19,9 %), du Languedoc (2,7 % des volumes, +16,3 %) ou bien encore du Beaujolais qui signe l’envol le plus notable (+48,7 % en un an pour 1,5 % des volumes).

Sans surprise, la Bourgogne génère toujours la valeur la plus importante avec 41,3 % du total des ventes, devant Bordeaux (29,6 %), mais sa position s’effrite légèrement, en recul de 0,8 % par rapport à 2025. En dépit des volumes en hausse, cette situation provient de la diminution nette du prix de vente moyen des bouteilles bourguignonnes qui a accusé un recul de 15,4 % sur un an à 211,7 €. S’il demeure le plus élevé, il est désormais talonné par la Champagne qui affiche un prix moyen de vente de 200,7€, pour sa part en très forte progression de 16 % avec un élan marqué, tant pour les cuvées des grandes maisons que celles des vignerons indépendants. Déjà constatée l’an passé, l’assagissement des valorisations en Bourgogne se confirme. Une tendance d’ailleurs générale puisque le prix moyen global des bouteilles vendues sur le site a enregistré une baisse de 8 % pour s’établir à 137 €.
Toutefois, ces grandes masses cachent certaines réalités, comme aime le rappeler Angélique de Lencquesaing, directrice générale déléguée. « Les étiquettes les plus rares, les vins les plus chers continuent de fasciner le monde entier et affichent des baisses de prix moins marquées ». À l’instar du Musigny 2006 du domaine Leroy qui, à 25 416€ frais compris, a constitué la bouteille la plus chère vendue cette année. Une tendance confirmée dans le top 50 des lots les plus valorisés où la Bourgogne signe un insolent 47/50, fortement aidée il est vrai par le domaine de la Romanée-Conti, omniprésent dans ce classement confirmant son statut de graal absolu du monde du vin. Et si les domaines Coche-Dury, Georges Roumier, Armand Rousseau et Auvenay affolent toujours autant les enchères, les domaines des Comtes Lafon et Mugneret-Gibourg ont réalisé une véritable percée en progressant très sensiblement au sein du prestigieux classement des 20 domaines bourguignons les plus recherchés.
Côté Bordeaux, les appellations Pauillac et Pomerol tirent toujours les enchères et le top 10 des domaines régionaux les plus recherchés demeure exactement le même que l’an passé. Certaines étiquettes qui demeuraient confidentielles aux enchères ont gagné un nouveau statut en 2025 avec un intérêt marqué des acheteurs. C’est particulièrement le cas du château Lafleur, du château Ducru-Beaucaillou et du château Haut-Bailly qui font une entrée retentissante dans le top 20, dont ils étaient encore loin l’an passé.
Plus généralement, il convient de noter un rajeunissement des enchères, la part des bouteilles de moins de 10 ans vendues sur le site ayant sensiblement progressé, témoignant d’une nouvelle donne où il ne paraît plus nécessaire de conserver longuement une bouteille pour espérer pouvoir la valoriser. Ces bouteilles jeunes, qui ne représentaient que 31 % des volumes l’an passé, ont représenté 45 % des ventes en 2025, laissant imaginer un probable basculement des ventes vers cette catégorie, chose encore inconcevable il y a quelques années. Cette tendance accompagne, il est vrai, l’évolution de la consommation vers des vins moins évolués. Un parallélisme qui ne s’observe toutefois pas encore du côté de la couleur des vins vendus, les rouges constituant de loin le plus gros contingent des volumes (72 %), très loin devant les blancs secs (20 %).
Enfin, si les vins bio et biodynamiques conservent une part peu ou prou équivalente à celle qu’ils tenaient l’an passé, deux tendances ont assurément marqué les enchères 2025. Les vins nature continuent à tracer leur sillon auprès d’amateurs pointus et affichent une progression tant en volume (8,5 % contre 7,2 % en 2024) qu’en valeur (8,9 % contre 7,6 % en 2024). Et sans surprise, la catégorie Vin de France, où nombre de vins nature apparaissent, s’affirme toujours davantage. Près de 11 400 bouteilles se sont ainsi échangées en 2025, soit près de 23 % de progression en seulement un an. Un mouvement favorisé par la multiplication des vignerons souhaitant sortir du carcan jugé trop restrictif des appellations.

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