Vendredi 25 Septembre 2026
Clos de Somméré
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25.09.2026
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Au moment des vendanges, au Clos de Somméré, dans le sud de la Bourgogne, les raisins avaient une apparence verte, physionomiquement pas mûrs. Sur les analyses, pourtant, ils l'étaient depuis un mois. Ce décalage a contraint l'équipe à choisir sa date de récolte sans vraiment de repère. Un vrai casse-tête, mais le domaine aborde ce millésime avec un enthousiasme certain : les fermentations sont bien parties…
Au Clos de Somméré, situé entre Cluny et Mâcon, Louis Santé représente la sixième génération de la famille à travailler ces presque 11 hectares de vigne, en majorité plantés en chardonnay, pinot noir et une pointe d'alligoté. Membre du groupement des jeunes producteurs viticoles (GJPV), il fait partie de la nouvelle génération qui a contribué, ces dix dernières années, à faire monter en gamme le Mâconnais, une région où les prix restent encore assez accessibles et le vin tout aussi bon ! Sur le domaine, cela se traduit par une viticulture avec le moins d'intrants possible, à la vigne comme en cave.
La philosophie du domaine est mise à l'épreuve par le millésime 2026. Le 17 août, jour du premier coup de sécateur, n'avait jamais été aussi précoce. Une sécheresse de plus de quatre mois, coupée d'un seul vrai orage à la mi-juillet, a fait grimper le taux de sucre du raisin bien plus vite que d'habitude. Sur le terrain, difficile de s'y retrouver. Dans certaines parcelles de chardonnay, les grappes paraissaient encore vertes à l'œil, pas mûres. Sur le papier, les analyses annonçaient déjà des degrés jusqu’à 14,2 % et des pH élevés, comme si le raisin était mûr depuis un mois. « Il a fallu trouver un compromis entre l'acidité, le degré d'alcool et le goût du raisin, sans vraiment de point de comparaison avec les années précédentes », nous raconte Louis.
Le domaine ne travaille qu'avec des levures indigènes, sans ensemencement, ce qui rend ce choix de date encore plus délicat. Il faut vendanger au bon moment, entre sucre, acidité et azote, qui conditionnent directement le bon déroulement des fermentations. Les prélèvements et les envois en laboratoire se sont multipliés. Même entre parcelles voisines, les écarts de maturité étaient inhabituels. Une fois la date choisie, restait à organiser la cueillette.
Comme les années précédentes, déjà marquées par la chaleur, les équipes ont vendangé de 6 heures à 14 heures, pour rentrer des raisins aussi frais que possible avant que le soleil ne tape trop fort. Louis Santé y pense déjà pour les prochaines vendanges : et si, un jour, il fallait couper de nuit ? Rien n'est arrêté… Sur les mêmes coteaux, les écarts étaient parfois immenses. « Certains voisins ont commencé une semaine avant le Clos, d'autres dix jours après. Personne ne savait réellement comment aborder le millésime », nous confie-t-il.
Une fois les raisins pressés et en cuves, il est nécessaire de rester vigilant. Chaque matin, le mustimètre plonge dans un échantillon de chaque cuve et de chaque fût pour mesurer la densité du jus. Plus il y a de sucre, plus le liquide est dense. Cette densité se lit par rapport à celle de l'eau, fixée à 1, ou 1 000 en points comme disent les vignerons.
Un jus frais tourne d'ordinaire autour de 1090 ; cette année, gorgé de sucre par la chaleur, il a grimpé jusqu'à 1 100, voire 1 110 sur certaines cuves, du jamais vu au domaine. Jour après jour, la densité descend, jusqu'à approcher les 990, sous celle de l'eau, signe que la fermentation touche à sa fin. Pas de mauvaise surprise pour l'instant : « On touche du bois, les fermentations se passent très bien », glisse Louis Santé.
Malgré un millésime hors normes, les fermentations sont parties vite et avancent bien. Reste l'acidité, un peu juste sur cette année chaude, à surveiller jusqu'en bouteille. Mais pour l'instant, au Clos de Somméré, on est satisfait du millésime après ce long combat météorologique.

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