(photo Marion Lefebvre)
(photo Marion Lefebvre)

L’un des domaines les plus grands et les plus emblématiques des Baux de Provence fête cette année ses 10 ans de renaissance et restructuration sous la houlette des Charmolüe. Il fait partie des “grands invités” de Bordeaux Tasting. Rencontre.

A l’heure où l’on peut envisager une retraite sereine et confortable en Bordelais, les Charmolüe, Anne-Marie et Jean-Louis, propriétaires de Château Montrose, décident de changer de vie sous un climat plus ensoleillé. Ils se lancent donc il y a dix ans dans une nouvelle aventure et vendent leur deuxième grand cru classé de Saint-Estèphe, dans la famille depuis plus d’un siècle, pour se mettre en quête d’un domaine en Provence. « On aimait le Sud depuis longtemps puisque nous y avions passé notre voyage de noces et régulièrement nos vacances mais nous attendions un coup de cœur, un beau domaine dans un cadre exceptionnel », raconte avec un grand sourire Anne-Marie Charmolüe. Ce sera en 2006 le château Romanin à Saint Rémy-de-Provence, dans le décor enchanteur des Alpilles à la limite occidentale du vignoble provençal, ponctué de vignes et d’oliviers au pied des falaises calcaires.

Une belle endormie à réveiller

Romanin, en appellation Baux de Provence, appartenait à la famille Peyraud mais le vignoble avait été confié à Jacques-André Charial, le chef étoilé de l’Oustau de Baumanière, passionné de vins, qui l’avait conduit en biodynamie dès 1988. Le domaine est aussi connu pour son impressionnant chai-cathédrale enterré, construit en 1992 et signé par l’architecte Serge Hennemann. Mais le vignoble d’une soixantaine d’hectares (sur les 250 de la propriété), l’un des plus importants de l’appellation, est une belle endormie où il y a beaucoup de travaux à entreprendre, le vignoble à restructurer, les vins à repenser. Le « chantier » démarre avec les conseils de l’œnologue bordelais Denis Dubourdieu qui prône des vins plus droits et frais, moins concentrés. Franck Breau reprend la direction du domaine pour mener à bien cette renaissance. Des investissements sont fait à la vigne pour replanter clairette, grenache blanc, roussanne… et plus récemment au chai avec une nouvelle cuverie sur trois étages pour les blancs et les rosés, un agrandissement de la zone de réception de la vendange, des nouvelles cuves de petites capacités pour les rouges…

Moins de rouges et plus de fraicheur

Romanin a augmenté sa production de rosés à 40%, les blancs à 15% mais les rouges, à base principalement de mourvèdre et syrah complétés de grenache et cabernet sauvignon, représentent encore 45% (60% il y a dix ans). « Nous avons opté pour des élevages moins concentrés tout en gardant le côté méridional des vins, davantage de passage en cuves inox et en foudres pour préserver le fruit, précise Franck Breau. Seule la cuvée Cœur, étendard du domaine est encore élevée en majorité en barriques neuves ». Romanin s’est offert de nouvelles bouteilles armoriées et a confié ses vins à Eduardo Pinchera, chef de culture et maître de chai perfectionniste, passionné de biodynamie et débarqué du Chili via l’Allemagne et Châteauneuf-du-Pape. Il couve avec amour les 120 000 bouteilles qui sortent du domaine. Mais les Charmolüe ont encore bien des projets pour leur domaine, l’objectif étant de doubler la production après identification des parcelles et des terroirs.

Château Romanin Route de Cavaillon 13210 Saint-Rémy-de-Provence
04 90 92 45 87 www.chateauromanin.com