De gauche à droite : Axel ,  Bruno,  Sylvie,  Marilou,  la belle équipe du Clos du Caillou.
De gauche à droite : Axel , Bruno, Sylvie, Marilou, la belle équipe du Clos du Caillou.

Domaine phare de l’appellation Châteauneuf-du-Pape, le Clos du Caillou fête son soixantième anniversaire. Mené avec brio par le tandem Sylvie Vacheron (la maîtresse des lieux) et Bruno Gaspard (le vinificateur), il a surmonté des épreuves pour poursuivre sa route vers l’excellence. Récit.

« En 1956, quand mon grand-père Paul Pouizin a décidé d’acheter le Clos du Caillou pour y installer son fils Claude, il n’y avait que quelques vignes, beaucoup de bois et un vieux corps de ferme », remémore Sylvie Vacheron, qui a repris l’exploitation familiale, avec son époux Jean Denis Vacheron, en 1995. « Au fil des années, mon père d’abord, puis mon mari et maintenant Bruno Gaspard et nos équipes l’ont fait grandir et prospérer. » Aujourd’hui, le domaine compte 56 ha, dont 10 en appellation d’origine contrôlée (AOC) Châteauneuf-du-Pape. Il aurait mérité davantage. Mais pour la petite histoire, en 1936, lors de la procédure de classement du vignoble en AOC, le propriétaire de l’époque a refusé de recevoir les experts. « Les vignes à l’intérieur du domaine n’ont donc pas été inscrites dans l’aire d’appellation », poursuit Sylvie Vacheron. Depuis, le Clos du Caillou demeure une enclave à l’intérieur du cru Châteauneuf-du-Pape. Les parcelles sont donc cultivées en côtes-du-Rhône sur des terroirs de sables et de galets roulés identiques à ceux qui se trouvent à l’extérieur.

En 1995, Claude Pouizin pose un ultimatum à ses trois filles. « Si nous ne reprenions pas le domaine, il vendait ! », raconte Sylvie Vacheron qui, à l’époque, avait suivi son époux dans la Loire, lui-même issu d’une lignée vigneronne, le domaine Vacheron à Sancerre. « Nous avons décidé de tenter l’aventure au Sud. Il fallait développer les réseaux commerciaux. Nous avons voulu relever le défi ! » Jean-Denis Vacheron s’occupe du vignoble et des vinifications. Sylvie prend part à tous les travaux en fonction des saisons. En six ans à peine, ils réussissent à hisser le Clos parmi les meilleurs de l’appellation. L’ascension est fulgurante. Elle s’arrête net au décès de Jean-Denis Vacheron dans un accident de voiture en 2002. « J’ai failli tout arrêter, confie Sylvie Vacheron. Heureusement, mes beaux-parents et les vignerons de Châteauneuf-du-Pape m’ont poussé à continuer ». Sa route croise alors celle du vinificateur Bruno Gaspard. « Il s’est présenté au domaine et m’a proposé de conduire le vignoble et les vinifications. Après un temps d’hésitation, j’ai accepté ». Peu à peu, le Clos reprend son envol. « Aujourd’hui, nous formons une équipe soudée », se félicite la vigneronne. Et la nouvelle génération montre le bout de son nez. Après une école de commerce à Lille, Marilou Vacheron, 23 ans, a intégré le domaine dans l’été, pour renforcer l’équipe commerciale. Axel, son frère cadet, étudie la conduite de la vigne en Suisse. À 60 ans, le Clos du Caillou écrit une nouvelle page de son histoire.

« Terre de Vins » aime :

Châteauneuf-du-Pape rouge cuvée Les Safres 2014 (28 €)
Produite sur les terroirs de sables du domaine, cette cuvée issue de vieilles vignes de grenache, possède la puissance et l’élégance des Châteauneuf-du-Pape bien nés. À réserver 5 à 6 ans en cave. À déguster sur un gigot d’agneau de sept heures aux ails confits.

Côtes du Rhône blanc Bouquet des Garrigues 2015 (12 €)
Grenache blanc, clairette rose, roussanne et viognier forment le quatuor de ce blanc aux accents de fleurs blanches teintées de minéralité. Doté d’un beau volume et d’une belle tension, il hyper charmeur, il s’apprécie sur une fricassées de girolles aux truffes.