Alors que le nouveau classement des Crus Bourgeois s’apprête à être officiellement dévoilé – ce jeudi 20 février précisément -, revenons sur le pourquoi du comment de cette hiérarchie de crus pleinement médocaine.

Le terme Crus Bourgeois prend racine au Moyen-Age avec ces marchands et artisans du bourg de Bordeaux qui concrétisent leur ascension sociale par l’achat de crus viticoles, notamment dans le Médoc aux contours des XVII et XVIIIème siècles. On retrouve un texte avec une hiérarchie tarifaire des crus en 1740. Au XIXème, on dénombre 300 châteaux bénéficiant de cette appellation encore empirique. Dans le même temps, le classement 1855 intervient, cristallisant dans le marbre, outre un Haut-Brion et les blancs de Sauternes, 61 grands crus dans le Médoc.

Il faut attendre l’année 1932 pour voir apparaître de façon officielle le classement de 444 Crus Bourgeois sous l’autorité de la Chambre de Commerce de Bordeaux et de la Chambre d’Agriculture de la Gironde. Dans les années 60, un syndicat se créé et des palmarès internes à ce classement voient le jour. En 2000, une nouvelle hiérarchie prend forme et les Médoc, Haut-Médoc, Listrac, Margaux, Moulis, Pauillac, Saint-Estèphe et Saint-Julien se distinguent sur trois niveaux que sont les Crus Bourgeois Exceptionnels, les Crus Bourgeois Supérieurs et les Crus Bourgeois. Un classement est homologué en 2003 mais, sans atteindre l’importance des polémiques à l’endroit du classement des grands crus de Saint-Emilion, des dénonciations remettent en cause la hiérarchie. Comme souvent, les promus applaudissent, les recalés attaquent. Le classement est alors annulé et, au travers de ce rififi, de nombreux Crus Bourgeois Exceptionnels claquent la porte.

Des critères de sélection extrêmement bien bordés

Le classement des Crus Bourgeois écrit aujourd’hui une nouvelle page avec des dépôts de dossiers de candidatures qui se sont opérés en 2018 et 2019. Ces dépôts se sont accompagnés d’une collecte d’échantillons pour une dégustation verticale à l’aveugle de 5 millésimes par cru. Il en ressort des notes qui viennent s’ajouter à une consultation du dossier mettant en avant les démarches environnementales, l’itinéraire technique, la mise en valeur du cru, en somme du terroir à l’accueil en passant par la récolte, le chai, le conditionnement, la promotion, la distribution comme la valorisation.

Les grands principes du classement reposent sur la qualité du vin, la dégustation à l’aveugle, la mesure de la constance, la traçabilité et l’authentification et les contrôles organoleptiques.

Une commission de 10 experts a ausculté les dossiers avec des visites des crus. Le syndicat s’engage à être indépendant et impartial. On sait que les enjeux sont considérables en termes d’image et de valorisation du cru.

Ce classement 2020 sera applicable pour 5 ans, les millésimes classés sont 2018, 2019, 2020, 2021 et 2022. Les trois niveaux hiérarchiques historiques sont appliqués : Cru Bourgeois, Cru Bourgeois Supérieur et Cru Bourgeois Exceptionnel. Le jury est composé de 6 personnes dont Gilles de Revel, professeur à l’université de Bordeaux et Bill Blatch, consultant pour Christie’s. Après une première promulgation en interne, des procédures d’appel ont eu lieu pour accéder au rang supérieur.

Ce nouveau classement va accoucher d’une nouvelle identité de marque et d’une nouvelle campagne de communication.