© F. Hermine
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La petite maison de cognac de Jarnac, propriété depuis 2015 de Terroirs Distillers (groupe Picard) s’est offert un lifting pour se faire une place sur le marché français et américain.

C’est une petite marque de cognac discrète de près de 170 ans mais qui n’a guère fait parler d’elle jusqu’à maintenant. Elle porte toujours le nom de son fondateur, Louis Royer, un fils de tailleur de pierre de Jarnac devenu maître de chai et apiculteur passionné (d’où l’abeille toujours sur la bouteille). Les chais du bord de Charente et la maison des Royer, le château des Aubrais, vont changer de mains plusieurs fois depuis la fin du XXe siècle. Ils passent 26 ans dans le portefeuille de Suntory qui en a fait l’acquisition en 1989 et qui a modernisé l’outil technique. Mais quand le groupe japonais récupère Courvoisier avec le rachat du groupe Beam en 2014, il décide de céder l’autre cognac jarnacais au groupe Picard et à sa filiale spiritueux Terroirs Distillers. Celle-ci va alors offrir a Louis Royer une cure de jouvence.

Des stocks à constituer

Pascal Ribes, 30 ans de maison, a remplacé il y a trois ans le maître de chai Laurent Robin parti à la retraite « mais nous avons également commencé à mettre en place une équipe de dégustation avec les six responsables de la maison, des chais, de la distillerie et du domaine du Menis dont nous sommes propriétaires puisque nous n’avons pas de lignée familiale de maître de chai, explique Laurent Moulis qui s’est vu confier la direction générale en 2017. Le domaine de 40 hectares de vignes en Grande Champagne ne représente que 4 à 5% de nos besoins et nous avons entrepris avec une cinquantaine de fournisseurs de vins et d’eaux-de-vie de constituer des stocks pour développer notre potentiel, y compris en bio ». Pas de changement de style en revanche pour la maison bénéficiant des chais humides de bord de Charente et de vieillissement en fûts roux pour élaborer des cognacs fruités tout en rondeur.

Nouveaux packagings

La maison qui emploie 65 collaborateurs commercialise actuellement environ 1 million de bouteilles de cognac par an. Les 9 alambics de la distillerie d’Aumagne produisent également du brandy (10% de la production). La nouvelle ambition de Louis Royer, déjà présent dans une vingtaine de pays, en particulier en Chine et en Europe du Nord, est de se développer aux Etats-Unis et en France. Pour cela, la maison a revu le packaging de deux références le VS et le VSOP en attendant le XO en carafe pour la fin de l’année. Elle a conservé ses couleurs bleu et or et son abeille avec des bouteilles dédiées et gravées des monogrammes de Louis Royer. « Nous travaillons d’abord le CHR et les cavistes via les grossistes, et peut-être la GD pour des offres ponctuelles de fin d’année, précise Viviane Cornieux, responsable marketing de Terroirs Distillers. Nous avons également imaginé quelques cocktails pour essayer d’être présent dans les bars ». Un retour sur le devant de la scène en attendant de fêter les 170 ans de la maison en 2023.

Viviane Cornieux et Laurent Moulis © F. Hermine

Terre de Vins aime

Louis Royer VS : Des arômes de poires, de petits fruits rouges, de mangue, d’abricots secs sur une note légèrement poivrée et de fleur d’oranger (30€)

Louis Royer VSOP : Des arômes de figues séchées, de mirabelle, un zeste d’orange sanguine, un léger boisé sur une note de vanille et cacao. (35€)