(photo F. Hermine)
(photo F. Hermine)

Lucie Fourel participe pour la première fois à Découvertes en Vallée du Rhone avec le domaine des 4 Vents, mais ce n’est pas une débutante puisqu’elle y venait déjà depuis 2011 avec le domaine de Lucie.

Le Domaine de Lucie à Mercurol (26) est devenu Le Domaine des 4 Vents. Le grand-père apportait ses raisins à la coopérative de Tain comme le père et Lucie au démarrage de son activité de vigneronne. Elle convertit ses 4 ha en bio en 2007 mais ne s’installe en cave particulière qu’en 2010 avec quelques ha en fermage avant de récupérer les 6 ha familiaux quand les parents décident de partir à la retraite en 2015 tout en continuant à aider au domaine. Soit un total d’une dizaine d’ha en syrah et 1 ha en marsanne et roussanne. Entre-temps, Lucie a été rejointe en 2013 par sa sœur, Nancy Cellier. “Nous sommes une famille de ‘reconvertis’, mon père avait déjà eu une autre vie dans l’informatisation du textile, ma mère dans la banque, moi dans l’export du prêt à porter et ma sœur dans la comptabilité, raconte la jeune vigneronne. On fait tout toutes les deux, moi plutôt sur le tracteur, à l’export et en lien avec les fournisseurs, Nancy avec les clients France et à la gestion des équipes. Pendant les vendanges, je suis à la vigne, elle en cave mais on décide ensemble car j’ai un peu plus de recul et j’ai eu le temps de me former ailleurs que chez nous, dans une cave de Costières de Nîmes”.

Les deux sœurs ne vinifient que la moitié du domaine et produisent deux blancs et trois rouges en vendanges manuelles avec un minimum d’interventions, juste pour accompagner le raisin puis le vin, sans sulfites ajoutés, avec des levures indigènes. Lucie à du se résoudre après avoir construit cave et hangar à arrêter les derniers abricots “trop stressants et trop gourmands en temps, surtout en juillet quand j’aimerais m’occuper de mes trois pitchounettes ; j’ai donc transféré mes réseaux aux copains pour les abricots bio. Le vin est un boulot à plein temps car après la vendange, on n’a pas le temps de souffler, contrairement aux abricots, car il faut vendre ses bouteilles”. La prochaine étape, ce sera sans doute la biodynamie ; Lucie fait déjà ses mises et l’épandage de son compost en fonction de la lune, “question de bon sens ” mais aussi d’attente.

Terre de Vins a aimé :

Crozes-Hermitage La Rage blanc 2015 : Le 1er millésime du nom du lieu-dit, à partir de vieilles marsannes de 40 ans pour un vin élevé moitié en cuves moitié en demi-muids. Ample et minéral sur des fruits blancs et une note fumée (18,20€)

Crozes-Hermitage Les Pitchounettes rouge 2016 :
Des syrahs jusqu’à 20 ans élevées moitié en cuvees, moitié en demi-mais de 5 vins. Un bouquet de fruits rouges bien mûrs et d’épices, poivrés et légèrement réglissés sur une finale acidulée et gourmande (13,60€)

Crozes-Hermitage Les 4 vents 2015 : Des syrahs issus des deux terroirs des Saviaux et La Rage. Des fruits mûrs croquants sur une belle matière tout en fraîcheur et des tanins présents mais fondus. (16,60€)