(photo : Michaël Boudot)
(photo : Michaël Boudot)

Plus haut et plus étendu des satellites de Saint-Émilion, l’appellation de la rive droite de Bordeaux – perchée sur le point culminant du Libournais à 114 mètres d’altitude – affirme et confirme, à la veille du centenaire de sa reconnaissance en 2022, son statut de pépite aux excellents rapports qualité-prix. Découverte en 6 étapes, extraites du Terre de vins n°66.

Épisode 3 : Château Clos de Boüard

L’aventure en solitaire
« Enfant, ma chambre avait un accès direct au chai. Ma madeleine de Proust, ce sont les effluves de vinification », raconte, le souvenir encore vif, Coralie de Boüard. Si son nom évoque forcément son ancrage familial au château Angélus, où elle a passé sa jeunesse, fait ses armes à la vigne puis officié onze ans, c’est en amazone que la fille aînée d’Hubert de Boüard a décidé de se lancer. En 2013, alors à la direction du château La Fleur de Boüard, elle entreprend de dénicher son propre vignoble. Le coup de cœur frappe trois ans plus tard à Montagne-Saint-Émilion, où elle élit un terroir de 30 hectares sur le coteau argilo-calcaire sud, en parfaite symétrie du coteau nord de Saint-Émilion, abritant notamment Troplong Mondot, Fleur Cardinale, Valandraud… « La question de terroir est une priorité. Avec un terroir moyen, on aura forcément un plafond, alors qu’avec un grand terroir, on ne s’arrête jamais de grandir », assure-t-elle. Désireuse de faire reconnaître les qualités de cette « appellation plutôt naissante aux yeux des gens », elle affiche de grands projets pour son poulain, rebaptisé Clos de Boüard. Dès son arrivée, elle chouchoute le vignoble, avec pour bagage ses connaissances acquises par la pratique et à la faculté d’œnologie de Bordeaux, et perfectionne l’outil technique. Des efforts couronnés par l’obtention des certifications SME puis HVE3 en 2019, pour celle qui confie « vouloir aller un jour vers le bio ». Pas de quête consensuelle dans ses vins, car « on ne peut pas plaire à tout le monde », concède-t-elle, « je fais avant tout le vin que j’aime et que j’ai envie de partager, accueillant et accessible comme moi ». Dominés par le merlot, ses crus affichent une patte commune entre fruité et jolie tension, un équilibre propice à « presque tous les accords, en apéritif, avec une entrecôte, un poulet-frites, des légumes, des fromages… ». À découvrir, le vin de copains Dame de Boüard (14-18 €), ou son grand frère, château Clos de Boüard 2016, alliant séduction du merlot et finesse des vieux cabernets sur argiles (28-35 €). À sortir d’ici à la fin de l’année, Le Cœur de Coralie, nouvelle cuvée en édition très limitée, « issue d’une barrique représentant chaque année à partir de 2018 la quintessence du chai » (75 €). À retrouver chez des revendeurs ou au château, au fil d’une visite sur rendez-vous, puis, à l’automne prochain sur le site Internet marchand, complété d’une épicerie fine en ligne avec son lot de suggestions d’accords mets-vins.
CHÂTEAU CLOS DE BOÜARD – 33570 MONTAGNE
05 57 25 25 13 – Site internet

Épisode 1 : Château Franc Baudron
Épisode 2 : Château Croix Beauséjour