©Clovis Durand-Moldawan
©Clovis Durand-Moldawan

Ni le Château Desmirail, ni Denis Lurton n’ont 30 ans mais à eux deux ce sont bien 30 bougies qu’ils soufflent. 30 millésimes entre un homme et un Grand Cru Classé 1855 de Margaux que le destin a scellés. Voici l’occasion de connaître un peu mieux cette histoire.

Denis est peut-être le plus discret des Lurton, cette grande famille bordelaise que l’on retrouve sur les deux rives. Denis est le fils de Lucien Lurton, on retrouve notamment parmi ses frères et sœurs Gonzague au Château Durfort-Vivens, Henri au Château Brane-Cantenac ou Bérénice qui vient de céder la majorité des parts du capital du Château Climens à la famille Moitry (Patrimonia Développement). Denis a grandi à Brane-Cantenac, où vivent ses parents. Dès l’adolescence, il travaille dans les vignes et dans les chais mais le brillant étudiant enfile les années de Droit jusqu’au concours d’avocat. C’est une autre robe que celle du vin que Denis revêt. Il plaide au Barreau de Bordeaux quand une autre passion l’anime : le théâtre, la comédie, les planches… Après quelques millésimes dans ce nouveau rôle à Paris, il finit par revenir à ses premiers décors, la vigne, le Médoc, les chais. Parmi les propriétés que lèguent ses parents, Denis prend la charge du Château Desmirail, 3ème Grand Cru Classé 1855 de Margaux. Nous sommes en 1992. Il (re) devient vigneron et, malgré les équipes en place, s’attachera durant les 30 prochains millésimes à se réserver une parcelle de vigne qu’il travaille lui-même pour garder le contact avec le terroir. Pour le style, Denis est un classique, les 35 hectares du vignoble reflètent l’effet millésime avec des vins sur la délicatesse. Pas de maquillage, ni de storytelling, on ne se la raconte pas à Desmirail. Denis Lurton souffle, les vins parlent.

En trente ans, de nombreux investissements ont été réalisés pour faire sortir de terre un outil technique en accord avec les ambitions d’un Grand Cru Classé. Desmirail intègre l’Union des Grands Crus en 2009. Le cabernet-sauvignon, le merlot, le petit-verdot et le cabernet franc du domaine servent aussi à produire le second vin : Initial de Desmirail. Enfin, le discret propriétaire a ouvert les portes de son château pour montrer aux amateurs ce que les Grands Crus Classés ont dans le ventre. C’était en 2012 et les projets ne cessent au Château Desmirail avec prochainement des balades en calèche tirée par la jument fétiche de la propriété, Iris, ou encore des expositions d’art sont à venir, en lien avec l’épouse de Denis, Laurence Bastide, qui préside aux destinées de la galerie d’art, le Petit Atelier à Bordeaux.