Les Cathiard, les Perse, les Péré-Vergé… L’histoire de Bordeaux s’illustre aussi par l’adoption de grandes familles du vin dont Bordeaux n’était pas le berceau. C’est le cas des Bonnie, déjà depuis quinze années à la tête de Malartic-Lagravière, grand cru classé des Graves vaste de 53 hectares, l’un des six de l’appellation à être classé en blanc et en rouge.

Quinze ans après leur rachat de Malartic au groupe champenois Laurent-Perrier, qu’en est-il ? Pas d’investissements pharaoniques prévus en 2013. « Nous voulons nous concentrer sur notre développement commercial, précise Séverine Bonnie, épouse de Jean-Jacques en charge du marketing. Nous voulons également poursuivre notre réflexion sur l’agriculture raisonnée. »

Les grands travaux ont eu lieu, en effet, au cours des quinze années précédentes : réalisation de nouveaux chais, embellissement du domaine, rachat du château Gazin-Roquencourt (22 hectares en pessac-léognan en 2006), une année tout juste après avoir acquis 130 hectares dans la région de Mendoza en Argentine ! Les Bonnie n’ont pas laissé de temps au temps.

Ce travail accompli, les lecteurs de Terre de vins ont pu le constater vendredi soir, lors d’un « Dîner Prestige » au cours duquel la vigne et les chais ont été visités avant de se retrouver autour de la table de dégustation où Jean-Jacques Bonnie a tenu « à faire voyager ». Un voyage qui a commencé par « Perlita » 2010, réalisé avec un assemblage malbec-syrah, puis un Diamandes 2007 (malbec-cabernet sauvignon), un Diamandes 100% chardonnay formidablement bien équilibré puis un Diamandes plus confidentiel mais très intéressant 100% viognier.

Evidemment, en ces temps de foire aux vins, vous trouverez plus facilement La réserve de Malartic, Malartic-Lagravière ou Gazin-Rocquencourt. Ce sont ces deux vins qui ont été servis lors du dîner : Château Gazin-Rocquencourt 2010 en blanc et château Malatic-Lagravière blanc 2007 sur des filets de daurade royale grillée au basilic ; puis château Gazin Rocquencourt rouge 2006 sur un carré de veau à l’estragon ; château Malartic-Lagravière rouge 2003 sur des fromages affinés et château Malartic-Lagravière rouge 1997 servi avec des fruits rouges en pana cotta. C’est probablement ce 1997 qui a le plus surpris nos lecteurs. « Ce n’était pas un grand millésime à Bordeaux », reconnaît Jean-Jacques Bonnie, comme pour démontrer que le temps fait aussi son œuvre et que la règle laisse entrevoir des exceptions. 1997 marque aussi – est-ce un signe ? – la première vinification des Bonnie à Malartic. Comme si le cœur avait parlé…