Terre de Vins vous transporte en Champagne pour cette 6e idée cadeau autour du vin. Lorsque votre beau-frère part à la chasse, il emmène toujours avec lui sa flasque d’eau de vie pour se tenir chaud dans son mirador. Changez ses habitudes, en lui offrant à Noël du champagne, celui du Château de Bligny qui partage avec lui sa passion. C’est la seule exploitation qui peut revendiquer l’appellation Château en Champagne, un petit bijou repéré depuis longtemps par les magasins Nicolas qui en assurent la distribution.

Comme Versailles, la bâtisse édifiée par le marquis de Dampierre en 1733 a d’abord été un relais de chasse. Une première vocation à laquelle le domaine n’a pas complètement renoncé, puisqu’il compte encore 3000 hectares de forêt au beau milieu de la Côte des Bar, un véritable paradis pour les amateurs de gros gibiers (cerfs, sangliers…) qui n’a rien à envier à la splendeur des chasses présidentielles. Les propriétaires pratiquent aussi ce sport avec des faucons et des aigles, le château ayant un partenariat avec le Puy du Fou dans le cadre d’un programme de reproduction.

Sous les combles de ce monument dressé à la gloire de la vénerie, la famille Rapeneau a constitué une magnifique collection de 700 fusils. Le plus ancien est un bâton à feu du XIVe siècle ! De quoi armer les vignerons aubois si d’aventure les Marnais avaient l’outrecuidance de contester à nouveau leur intégration à l’Appellation Champagne… De fait, lorsque l’on goûte les vins, on se dit que l’histoire a bien fait les choses et que ces coteaux argilo-calcaires ont enrichi la région en lui procurant ses plus beaux vins de caractère. Car si ces champagnes sont certainement plus typés que ceux de la Marne, ils y gagnent en personnalité ! Les vignes du château (30 hectares) ont été plantées au début du XIXe siècle au moment de l’arrivée du baron Cachard, premier vigneron du village qui profita de la présence sur place d’une verrerie pour embouteiller ses vins. Sa plus belle pépite ?  Le fameux clos où cohabitent six cépages. Celui-ci mêle petit meslier, arbane, chardonnay, pinot noir, meunier, pinot blanc. Étonnement, alors qu’on pourrait penser que chaque cépage a son rythme de maturation, toutes les vignes sont vendangées au même moment : « nous préférons laisser l’assemblage naturel se faire, nous récoltons tout en fin de vendanges pour avoir une maturation la plus homogène possible, et nous mettons tous les cépages ensembles sur le pressoir. On peut imaginer que cela amène certains cépages à être un peu sur-maturés, mais l’expérience montre qu’en complantant les cépages, on arrive à homogénéiser un peu les maturations, par le sol et la dynamique de la vigne voisine. » explique Paul Alexandre Rapeneau.

A la question de savoir pourquoi le château ne cherche pas à élaborer des monocépages à partir de ces cépages rares, le jeune œnologue qui élabore les vins aux côtés de Christophe Rapeneau répond : « Ce sont des cépages qui sont plutôt discrets d’un point de vue aromatique, et qui ont par conséquent une valeur plus intéressante en assemblage, seuls l’arbane et le pinot blanc pourraient tirer leur épingle du jeu de ce côté » Le résultat est en tout cas bluffant : le vin est dynamique et balance entre des notes fumées très élégantes et une jolie tension sur les agrumes. On l’imagine sans peine accompagner un turbot à la crème.

Prix recommandé : 55 €

Disponible sur le site du Château de Bligny

Photo : Michel Jolyot