©F. Hermine
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La mention Cru pourrait être autorisée pour certaines Dénominations Géographiques Complémentaires des AOP après délimitation parcellaire et commission d’enquête évaluant certains critères.

La pyramide des vins dans certaines appellations pourraient bientôt gagner un étage. Le groupe de travail sur la hiérarchisation de l’Institut National de l’Origine et de la Qualité (INAO) présidé par Michel Bronzo vient de rendre un rapport permettant la création d’un « cru » pour distinguer et valoriser, dans la filière Vins, certaines Dénominations Géographiques Complémentaires (DGC) appelées également du terme peu sexy de « sous-régionales ». Les DGC sont un outil transversal pour tous les vignobles de France qui autorise une précision géographique sur l’étiquette à des terroirs spécifiques d’une Appellation d’Origine Protégée (AOP). Elles n’ont pas forcément vocation à devenir des AOP à part entière. Elles sont désormais légion dans l’Hexagone et le consommateur ne s’y retrouve pas et ne les comprends pas. Cette appellation supplémentaire de « Cru » ne serait donc pas une montée en catégorie supérieure mais l’adjonction d’une mention à une dénomination existante qui a fait ses preuves. Elle nécessitera un dépôt de dossier auprès de l’INAO en respectant au préalable trois critères : la distinction d’un lieu-dit ou d’une zone de dix communes maximum, un terroir homogène avec des conditions de production spécifiques, et une reconnaissance par les professionnels dans le cadre des dégustations. Le président de l’INAO Vins, Christian Paly a demandé au préalable un inventaire des DGC existantes.

Délimitation parcellaire obligatoire

« J’ai toujours été un ardent défenseur des DGC mais il faut reconnaître que toutes ne remportent pas le même succès, reconnait volontiers Eric Pastorino, président des AOP du Sud-Est mais également des Vins de Provence qui en dénombre cinq (Sainte-Victoire, La-Londe-les-Maures, Pierrefeu, Fréjus, Notre-Dame-des-Anges). Le vocabulaire n’est pas très valorisant et ne parle pas au consommateur, contrairement au mot Cru. Mais pour en faire la demande, une appellation devra avoir déclaré des volumes suffisants qui prouvent l’implication des producteurs, démontrer une plus-value et une reconnaissance et avoir déjà réalisé sa délimitation parcellaire ». A l’heure actuelle, seule la DGC Sainte-Victoire pourrait y prétendre ; La Londe est en cours de délimitation. « Mais un dossier nécessitera de toute façon au moins 2-3 ans d’expertise » modère Eric Pastorino. Olivier Sumeire, président de l’appellation Côtes-de-Provence Sainte-Victoire, qui pourrait ainsi compter pour le montage du dossier et sur le soutien de l’interprofession afin de s’appeler au terme de la procédure « Côtes-de-Provence Cru Sainte-Victoire ».