Oubliés lors de l’accession de l’appellation Gigondas en cru des côtes-du-Rhône, les blancs concourent aujourd’hui pour obtenir ce précieux sésame. Un comité d’experts de l’Inao a dégusté la production du vignoble dans la couleur depuis le millésime 2011.

Il manquait une couleur à la palette de Gigondas. Enroulé contre la face Nord des Dentelles de Montmirail, le vignoble produit des rouges, une mini-poignée de rosé et bientôt… des blancs. « Nous venons de lancer le dossier auprès de l’Institut national de l’origine », a annoncé Louis Barruol, le président du syndicat de l’appellation, en avant-première à Terre de Vins le 12 juillet dernier. Lors de la création du cru en 1971, seuls les rouges et les rosés ont obtenu le classement en cru. De fait, les blancs n’ont pas droit à l’appellation et sont donc revendiqués en « simples » côtes-du-Rhône. Un « oubli » des plus regrettables lorsque l’on connaît la qualité des blancs élaborés sur ce terroir qui conjugue fraîcheur et altitude. Majoritairement produits à partir de clairettes plantées dans les années 60, ils possèdent une tension et une fraîcheur naturelles qui les placent à part dans la famille des blancs de la vallée du Rhône.

Les experts de l’Inao qui se sont déplacés dans le vignoble en juillet dernier ont eu un aperçu de cette production depuis le millésime 2011. « Nous avons vinifié tout le potentiel de production de l’appellation, soit 18 hectares de plantés actuellement sur les sept dernières années », explique Louis Barruol. Il reste encore des étapes à franchir. Le comité régional de l’Inao examinera le dossier de demande d’accession en cru au printemps prochain. Puis, ce sera le tour du comité national courant 2019. Les vignerons de Gigondas ont bon espoir d’apposer le sceau de l’appellation sur leurs blancs d’ici trois/quatre ans.