(photos P. Gonnet)
(photos P. Gonnet)

Vendredi 4 octobre a eu lieu pour la première fois le marathon du Beaujolais dans la région de Gezel en Israël. Retour sur ce partenariat d’un nouveau genre, alliant sport, plaisir et découvertes.

D’un côté, le Beaujolais qui fête le primeur chaque année avec son marathon festif et costumé, depuis 23 ans, mené par Alain Bouhy et son équipe de bénévoles.
De l’autre, Ofer Padan, CEO du Marathon Israël, organisateur de courses à travers tout le pays, qui est un peu tombé amoureux de la formule française.
Cherchant à créer une nouvelle course en Israël, il s’est alors tourné vers Alain pour discuter de la faisabilité du projet, et ainsi est née leur amitié mais surtout le semi marathon international du Beaujolais, en Israël.
Les deux hommes se rencontrent donc à plusieurs reprises, et nait alors l’idée d’exporter le concept, et uniquement le concept : il n’est pas question de délocaliser les marathoniens et le marathon du Beaujolais, mais bien de dupliquer la formule gagnante de l’événement pour les coureurs locaux (mais bien sûr ceux qui le souhaitent peuvent s’inscrire, quelle que soit leur nationalité, le marathon du Beaujolais s’appelant officiellement le marathon international du Beaujolais, qui a d’ailleurs recensé 70 nationalités parmi les 16 000 coureurs pour son édition 2018).
La décision est prise en novembre 2018, pour une course prévue le 4 octobre 2019.

Le concept originel et sa version israélienne

En Beaujolais, trois courses existent : le marathon (qui peut aussi se courir en relais), le semi marathon et les 13km.
Formule plus courte sous le soleil israélien, avec la course « Terroir » de 5km, « Classique » de 12km et « réserve » pour le semi.
Et surtout, un départ déguisé possible mais non obligatoire, rendant la course aussi sportive que festive.
Le marathon du Beaujolais s’inspire directement depuis sa création de celui de New-York ainsi que de celui du Médoc.

Par ailleurs, les stations de ravitaillement prévoient non seulement de l’eau, mais aussi et surtout du vin.
Du Beaujolais pour l’édition française, et d’Israël pour la version locale.
Le départ se prend au « domaine » Barkan, imposant et superbe chai aux volumes industriels et aux gammes diversifiées, pour des parcours entre les rangs de vignes et aux stations de ravitaillement absolument superbes, qui ne donnent pas envie de reprendre la course tant le point de vue est somptueux.

4000 participants ont rejoint les rangs de la course pour cette première édition, donnant le sourire à toutes celles et ceux qui ont participé à son organisation, à commencer par Ofer mais aussi la maire de Gezer, Rotem Yadlin.
Ils ont même dû bloquer les inscriptions plus d’un mois et demi avant la course, pour des raisons logistiques, mais visent les 10 000 participants pour l’édition 2020.

Double découverte

Pour Alain Bouhy, l’exportation du concept permet de “mettre en valeur notre territoire, nos vins et notre culture. Par exemple, nous n’offrons pas de médailles mais des tastevins, objets inconnus aussi ou presque!”
Les Vins kasher de la maison Descombes à Saint-Etienne des Oullières ont été servis pendant la course, ainsi que eux de vignobles israéliens, dont évidemment ceux de la Barkan Winery où se tenait l’événement.

De nombreux domaines et vignobles étaient présents la veille au soir pour la soirée d’ouverture et le festival du vin annuel de la région de Gezer.
Le domaine Herzberg, fondé par Max Herzber, permet notamment de redécouvrir le Malbec, cépage assez communément planté en Israël (aux côtés du merlot, cabernet franc et sauvignon, et Shiraz), et de livrer une cuvée (2012) aux tanins fins et aux séduisantes notes de fruits noirs, épicés et pivoine.
Domaine de 1,5 hectares tout en bio, Max a décidé de s’y consacrer pleinement il y a 14 ans, après une première vie bien remplie de professeur de génétique et de microbiologie.

Au domaine Herzberg comme à la maison Bravdo, le vin est kasher.
Bravo produit plusieurs cuvées franchement réussies : le chardonnay d’abord, qui réussit à se livrer sur une jolie tension malgré le climat ; le shiraz, souple et aromatique et bien équilibré ; et la cuvée “Coupage”, composée de cabernet sauvignon, cabernet franc et shiraz, complexe, structurée mais souple, aromatique et équilibrée.

Découvertes toujours avec la maison Binnunet, ses jolies cuvées rouge majoritairement merlot et cabernet, et son original chenin blanc tout en fruité et en douceur, qui ne ressemble pas à ceux de la Loire ou d’Afrique du sud.
Joli coup de cœur aussi pour les cuvées du domaine Bazak, qui combinent fruité et souplesse.

Que vous soyez marathonien ou non, du Beaujolais ou pas, participer à cet événement est l’occasion idéale (parmi d’autres), pour découvrir Israël et ses vins (et sa fabuleuse cuisine), qui méritent que l’on s’y attarde aussi longuement que possible, pour en savourer et admirer toutes les richesses.