A l’heure où approchent la fête des mères et bientôt la fête des pères, la start-up familiale Le Pif à Papa de Fady et Antoine Sfeir, père & fils, mérite un éclairage tout particulier. Ce nouveau chai urbain basé à Courbevoie (92) vient de sortir en blanc nature Le Chenin de Maman en attendant l’ouverture d’une néo-guinguette et la création d’un vignoble francilien.

L’idée est venue d’Antoine qui se destinait à une carrière dans le commerce après l’Essec. Un premier stage dans une jeune maison de négoce en Luberon va le faire changer de direction. Il repart sur un master dans le vin et passe un an à arpenter les vignes de Champagne, d’Australie, d’Espagne avant de choisir comme thème de son mémoire Les chais urbains à Paris. Quand son père Fady le lit, l’idée le passionne. Ayant fait toute sa carrière dans la vente de logiciels d’entreprise, il profite d’une opportunité de départ avec un petit pécule pour changer de vie et suivre une formation de technicien oeno….Les Sfeir lancent ainsi en mai dernier une start-up familiale baptisée Le Pif à Papa avec trois objectifs : avoir un lieu de vinification et d’accueil où père et fils feront leurs vins et les feront déguster avec des fromages et en musique, créer une communauté d’adhérents pour leur proposer, via un abonnement mensuel, une douzaine de vins par an (deux cuvées par mois pour 29,80€) et planter un vignoble francilien qui sera travaillé en bio-biodynamie. « Nous voulions nous démarquer des autres chais urbains en créant une néo-guinguette avec un bar à fromages et une salle de concert mais la crise sanitaire étant passée par là, nous avons revu nos ambitions sur un plus long terme, explique Fady Sfeir. Quant au vignoble, il est difficile à trouver en Ile-de-France; nous cherchons une dizaine d’hectares à planter au fur et à mesure, en chardonnay, riesling, pinot noir, gamay, mondeuse… »

Des raisins ligériens en attendant les vins franciliens

En attendant, père et fils n’ont pas gardé les quatre pieds dans le même chai, installé au pied des Tours de la Défense à Courbevoie (92). Ils ont commencé à produire du vin, plutôt nature, à partir de raisins de Touraine et d’Anjou en bio et même en principes biodynamiques, huit cuvées cette année (4 blancs, 3 rouges et un rosé) à commencer par Le Chenin de Maman, Le Rosé de Mamie en gamay et bientôt Le Gamay de Papy en rouge issu d’une macération semi-carbonique. Les raisins proviennent de trois domaines, L’Affût d’Isabelle Pangault (en conversion bio) pour le chardonnay et le sauvignon, le Château de Plaisance de Vanessa Cherruau (en biodynamie) pour le chenin et le Château Bois-Brinçon (en bio) de Xavier et Géraldine Cailleau pour le gamay et le cabernet franc. « L’idée est avant tout d’avoir des raisins de qualité et d’être transparent avec nos clients, estime Antoine. Nous sélectionnons les parcelles, et nous déterminons les maturités et les dates de vendanges avec les vignerons pour faire les vins que nous avons en tête. Nous récupérons ensuite le raisins pour les transporter en camions frigorifiques dans nos cuves thermorégulées de Courbevoie ». Le chai comprend également sept pièces bourguignonnes récupérées dans le beau parc à barriques de a cave de Lugny (71). Chaque cuvée avoisine les 2000 bouteilles.

Pour compléter le financement de la guinguette et du vignoble, une campagne de crowdfunding au début du printemps a permis de récupérer plus de 40 000€ auprès de 310 participants. Ils seront remerciés en bouteilles et invitations aux ateliers de dégustation qui devraient être lancés à la rentrée, après les vendanges. Dès cet été, un bar éphémère près du Pont de Levallois à Courbevoie proposera les premiers vins à la dégustation.

https://pifapapa.fr/