2013 s’annonce comme une année de renouveau au Château Calon-Ségur. Racheté l’été dernier par Suravenir Assurances, le Grand Cru Classé de Saint-Estèphe attend son nouveau directeur, Laurent Dufau, pour le mois de mars. Avec beaucoup de projets dans les cartons.

C’était l’une des plus spectaculaires transactions viticoles de 2012 : en juillet dernier, le Château Calon-Ségur, Troisième Grand Cru Classé 1855 (AOC Saint-Estèphe), quittait le giron de la famille Capbern Gasqueton, à laquelle il appartenait depuis plusieurs générations, pour passer aux mains de la compagnie Suravenir Assurances, filiale du groupe bancaire Arkéa. Une vente estimée à 170 millions d’euros, et un investissement d’avenir pour la société présidée par Jean-Pierre Denis, qui ventait à l’époque le “gros potentiel de valorisation” de Calon-Ségur.

Une année ambitieuse

Laurent Dufau ne dit pas autre chose. A 45 ans, l’actuel directeur général de la maison de négoce Balande & Méneret, s’apprête à prendre la direction du Château Calon-Ségur au printemps prochain. Une nouvelle aventure qu’il se réjouit d’aborder, tout en conservant un devoir de réserve : “je ne prendrai mes fonctions au Château Calon-Ségur que mi-mars, et pour l’instant je me consacre à la fin de ma collaboration avec Balande & Méneret, où je viens de passer six belles années. Il est encore trop tôt pour parler en détail des projets des nouveaux investisseurs de Calon-Ségur, et des responsabilités qui vont m’incomber. Tout cela sera officialisé, vraisemblablement autour de la campagne des Primeurs. Mais ce que je peux dire, c’est que nous avons beaucoup d’ambitions, d’idées et d’envies”.

Lorsqu’on lui demande ce qui l’a séduit dans la perspective de passer du négoce (avant de diriger Balande & Méneret, il a occupé le poste de directeur export au sein des domaines Barons Philippe de Rothschild) à la direction d’un Grand Cru Classé, Laurent Dufau détaille : “c’est d’abord un choix de vie. Je suis Médocain, je suis très attaché à cette terre, et l’idée de m’y ancrer m’a séduit. Cela me permet aussi de revenir au contact du produit, du vignoble, après plusieurs années consacrées à la commercialisation des vins. Enfin, il y a Calon-Ségur : c’est un cas fascinant. L’appellation, le terroir, la marque, tout cela présente un énorme potentiel à développer. Le terrain est déjà très sain (qualité des vins, image de la propriété, relations avec la place de Bordeaux) mais il y a une grande marge de progression dans tous les domaines, du chai à la communication, et c’est un défi excitant à relever, au côté d’une équipe impliquée.” Rendez-vous donc au printemps prochain pour suivre les premiers pas de Laurent Dufau et pour découvrir ses projets pour le Château Calon-Ségur.

M.D.