(photos P. Martinez)
(photos P. Martinez)

L’appellation provençale avait deux représentants ce week-end à Lyon Tasting. L’occasion, si besoin était, de rappeler que ses terroirs sont propices à l’expression de grands mourvèdres.

Stéphane Bourret, directeur d’exploitation du domaine La Bastide Blanche (48 hectares à Bandol, propriété de Michel Bronzo, certifié bio depuis 2009), met un point d’honneur à faire déguster les rouges de la propriété. “Beaucoup de visiteurs de Lyon Tasting sont étonnés en s’arrêtant à notre stand, ils s’attendent à déguster du rosé, ainsi que du blanc. Certes, nous en produisons, mais nous voulons d’abord montrer que Bandol est d’abord un grand terroir de rouges”. Illustration avec ce que Stéphane considère comme la “grande cuvée” du domaine, en tout cas sa figure de proue : un 75% mourvèdre 20% grenache 5% syrah-cinsault-carignan. “J’aime les vins d’assemblage, et donner du relief au mourvèdre, parfois monolithique, avec un cépage complémentaire comme le grenache”. Le 2016 déroule un bel équilibre entre matière, présence tannique, structure, épices, élevage – en foudres – bien fondu. On sent au fil des millésimes que les vins du domaine gagnent en finesse et en précision et cela se vérifie particulièrement sur les cuvées “parcellaires” produites uniquement sur certains millésimes. Pendant Lyon Tasting, Stéphane Bourret fait déguster Fontaneou 2013, un jus intense, solaire, capiteux, issu d’un terroir d’argiles rouges, et Estagnol 2014, sur éboulis calcaires plein sud, sur un style plus délicat, racé, ciselé. On termine la dégustation avec un blanc, assemblage de rolle, ugni blanc, clairette et bourboulenc. Un joli blanc vinifié en cuve, sudiste, gourmand, sapide.

Étienne Portalis a officiellement pris les rênes de Château Pradeaux en xxxx. La propriété (18 hectares actuellement en production, d’un seul tenant) est dans sa famille depuis 1752. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ce sont sa grand-mère et sa grand-tante qui ont relancé le vignoble, tout en contribuant à la création de l’AOC Bandol. Deux femmes de caractère dont l’héritage se retrouve encore dans des vins au profil très identitaire, taillés pour la garde (y compris pour les rosés) : ici le mourvèdre règne en maître, et si possible non égrappé. Une approche sans concession qui va à contre-courant des tendances. Si la cuvée Le Lys, un entrée de gamme issu de jeunes vignes, se veut assez séduisant et fédérateur, la grande cuvée du domaine déploie un caractère robuste, à la fois musculeux, tendu et allongé. Le millésime 2013 (95% mourvèdre 5% grenache, 4 ans d’élevage sous bois) est une parfaite illustration de ce style, où la densité du jus, la race des tanins et la fraîcheur d’ensemble signent un vin qui a de très longues décennies devant lui.