(photo M. Boudot)
(photo M. Boudot)

2019 est une année riche de changements pour le Château de Santenay, propriété de CA Grands Crus (société qui regroupe les propriétés viticoles du Groupe Crédit Agricole), dénotant une belle croissance actuelle et future.

L’année a commencé avec le rachat de 7 hectares de vignes en Côte de Nuits au mois de mars, permettant à l’ancienne demeure de duc Philippe Le Hardi de sortir de la seule Côte de Beaune et de mettre un pied dans la prestigieuse voisine septentrionale, en appellations Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny 1er cru et Clos Vougeot.

Le mois de mai a vu l’arrivée de Jean-Philippe Archambaud comme nouveau directeur du Château.
Nous l’avons rencontré pour connaître les grandes orientations qui attendent le Château de Santenay.

Quel est votre parcours et comment avez-vous pris les rênes du Château de Santenay ?
Juste après le bac, j’hésitais entre rentrer à HEC, ou en école d’agronomie. J’ai toujours été intéressé par le commerce et l’agro, mais je me suis dit qu’il serait plus aisé de refaire du commerce dans ma vie professionnelle d’ingénieur agro que l’inverse !
Et la vie m’a donné raison, puisqu’aujourd’hui, en prenant la direction du Château de Santenay, je vais me pencher sur l’ensemble des aspects de gestion d’un domaine, tout comme je l’avais déjà fait au domaine Simmonet-Febvre à Chablis pendant quinze ans.
J’ai donc démarré avec le technique, notamment chez Chapoutier pendant sept ans dont quatre en Australie, lorsque la maison a démarré son activité là-bas. C’était littéralement un boulot de défricheur, puisqu’on a beaucoup planté !, autant que d’ingénieur agro et d’œnologue.
Puis mon arrivée chez Simonnet, où j’ai touché à tout et où le challenge était important : nous voulions vraiment faire renaître la maison.
Et puis cette année cette magnifique opportunité, qui apporte une nouvelle dimension : gérer 96 hectares en Bourgogne, cela n’arrive pas tous les jours, et permet de maîtriser l’ensemble de la chaîne de production, et donc, notamment, sa qualité.

Quelles sont les axes de développement pour le Château dans un futur proche ?
Le domaine est magnifiquement équipé d’un point de vue technique. J’ai donc surtout un rôle de définition de la stratégie viticole et de décision sur les opérations de vinification, en collaboration avec François, l’œnologue du domaine.
Le challenge est beaucoup plus commercial : nous souhaitons développer nos marchés existants, comme en acquérir de nouveaux, à l’export. Aujourd’hui, le ratio national/export est de 70/30. Nous visons donc un développement des marchés anglais, américain et japonais, et une implantation asiatique avec Taïwan, Hong-Kong, et aussi l’Australie, un peu aussi pour des raisons personnelles pour cette dernière !

Quelle est la signature du Château de Santenay ?
Pour les blancs, nous suivons la trame des grands vins : l’équilibre parfait entre rondeur et tension, entre gourmandise et précision.
Et pour les rouges, nous restons évidemment dans cette idée d’équilibre. J’aime la finesse dans les vins : nous recherchons donc des tanins soyeux, avec un boisé qui ne marquera pas (et que nous réduisons, comme pour les blancs), pas trop d’extraction donc, et surtout, toujours, de la précision !