(photos Michaël Boudot)
(photos Michaël Boudot)

La région Auvergne Rhône-Alpes concentre de nombreux vignobles, dont les plus connus se situent tout au long d’un axe nord-sud, de la Bourgogne au sud de la Vallée du Rhône. Mais les deux autres points cardinaux ne sont pas en reste, notamment à l’ouest avec le vignoble auvergnat, riche d’histoire et de terroirs dotés de belles spécificités.
Coup de cœur et coup de projecteur sur deux domaines de deux appellations : Saint-Pourçain et Côtes d’Auvergne, mise en lumière à Lyon Tasting grâce à l’œnothèque Auvergne Rhône-Alpes, dont l’objectif est de promouvoir les vins de la grande région.

Les terroirs volcaniques de l’AOP Côtes d’Auvergne

Pour représenter cette appellation encore méconnue, le domaine Desprat Saint Verny illustre le potentiel du terroir très particulier de l’appellation avec quatre cuvées, deux en blanc et deux en rouge.
Cette appellation est la seule à être située sur des sols 100% d’origine volcanique. Le gamay, le pinot noir et le chardonnay s’expriment donc de façon différente des autres régions mais révèlent aussi efficacement et agréablement le potentiel de ces cépages. Située sur des coteaux, l’altitude apporte de la fraîcheur aux vins, et le soleil inondant ces reliefs flatte les arômes fruités des vins. Le gamay et le pinot voient leurs arômes primaires épicés relevés, apportant une touche corsée à des vins élégants et sur la finesse.
La cuvée « Terre et laves » est vinifiée avec pour seule idée de mettre en valeur ce terroir volcanique. Sur le chardonnay, on retrouve fraîcheur et minéralité, mais aussi la séduction du fruit, qui en font une cuvée idéale pour l’apéritif, toute en finesse. Et surtout au rapport qualité/prix imbattable (6€ TTC, prix départ cave) !
Côté rouge, l’assemblage gamay (60%) pinot noir (40%) atteint l’objectif de plaisir et de révélation de terroir sans problèmes.

La cuvée « Basalte » se positionne plus sur un créneau gastronomique (et est d’ailleurs sur la carte de Philippe Faure-Brac, meilleur sommelier du monde et propriétaire du Bistrot du Sommelier) : extrêmement flatteur, équilibré, dont le fruit et les épices se marient à des tanins soyeux. Tout petit rendement pour cette cuvée de 20 HL/ha, issue de vieilles vignes plantées sur les flancs du plateau de Gergovie.
Autre cuvée dotée d’une particularité non négligeable : la « 809, the lost vineyard », issue intégralement d’un chardonnay muscaté, qui en fait une cuvée unique !
Ce muscat greffé sur un plant de chardonnay allie donc les qualités des deux cépages : l’expressivité aromatique et la structure fraiche et tendue, possible uniquement grâce à la nature des sols volcaniques. Récompensées dans de nombreux guides, concours et internationalement reconnue par les critiques (« the lost vineyard » est une référence directe aux mots utilisées par une journaliste britannique dans un article dédié à l’AOP et au domaine), cette cuvée décroche la palme du meilleur rapport prix/qualité/plaisir (8€ départ cave).

Cap au nord et sur l’histoire royale et papale de l’AOP Saint-Pourçain

Située près de la forêt de Tronçais et sur l’aire du Bourbonnais, le vignoble de Saint-Pourçain est riche d’une histoire qui a laissé son empreinte sur les paysages comme sur la viticulture.
En témoigne les étiquettes du domaine de Bellevue ornées d’une tête de cerf, rappelant le passé de terres de chasse royale du Bourbonnais, et la cuvée « Urbain 5 », faisant référence aux liens qui unirent le vignoble à la cité des Papes, qui avaient l’habitude de commander en grand volume les vins de la Région. Concentrée de souplesse, de gourmandise, de fruit croquant : le plaisir est immédiat et complet ! Vendue à 14€ environ à la propriété, ce mariage du pinot et du gamay est vraiment à découvrir.
Les épices du gamay et du pinot se feront plus corsées sur la cuvée Gabrielle.
Quant au blanc, il se décline autour du chardonnay mais aussi et surtout du tressallier, cépage emblématique de l’appellation.
L’alliance des deux s’illustre parfaitement dans les cuvées « Origine » sur la fraîcheur, et « Reflets » sur la structure et les arômes plus marqués, au citron dominant, porté par une tension agréable qui lui confère également une belle longueur.
Cette dernière cuvée, dégustée en 2009, démontre le potentiel de vieillissement de ces vins : après neuf ans, « Reflet » exprime toute la richesse de ces deux cépages, de la tension à la rondeur.
Les enjeux du vignoble auvergnats sont similaires à ceux d’autres vignobles injustement méconnus : continuer à poursuivre les efforts entrepris dans le vignoble pour aller vers toujours plus de qualité, et ainsi générer une plus grand connaissance et reconnaissance, méritée, des appellations de la région.