Bernard Angelras reprend du service en tant que président du Syndicat des vignerons des Costières de Nîmes en lieu et place de Bruno Manzone. À 60 ans, cet homme de cohésion, déjà en poste de 2003 à 2018, a été plébiscité pour sa capacité à fédérer et rassembler après une année de crise. « Je veux redonner du sens à l’action », clame-t-il.

Pour les afficionados des Costières de Nîmes, son visage est loin d’être inconnu. Bien au contraire. Déjà président entre 2003 et 2018, Bernard Angelras est de retour aux affaires à la tête du syndicat des vignerons des Costières de Nîmes depuis le 1er avril 2021. « Ne croyez pas que je ne veuille pas passer la main, glisse-t-il avec un léger sourire. J’avais décidé de ne pas revenir à ce poste car je crois au renouvellement des générations. J’avais d’ailleurs nommé une équipe pour repenser la gouvernance. » Mais la crise sanitaire va venir perturber tous les plans de l’appellation qui doit aujourd’hui réamorcer une stratégie de promotion après l’annulation d’événements majeurs comme les Vignes Toquées, la Bodega ou Nîmes Toquée. « C’est bien connu, en période de crise, il y a parfois des divergences qui se créent, prolonge celui qui est également président de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV). Le conseil d’administration a plébiscité mon retour pour que j’apporte sérénité et ambition collective. Sur une appellation, si il n’y a pas de projet collectif, ça n’avance pas ! »

Quasiment 30 % d’exploitations en bio

Le soixantenaire ne s’est pas fait prier pour céder au chant des sirènes mais il précise : « Je n’irai pas au-delà d’un mandat de 3 ans. » Outre les missions au long cours relatives au positionnement de l’appellation, à la protection de l’aire de production ou à la visibilité sur les marchés, celui qui préside le groupe de travail de l’INAO et de FranceAgriMer sur le changement climatique entend contribuer à revaloriser le rôle sociétal de la viticulture en soutenant les démarches agro-environnementales et en encourageant les pratiques qui, comme l’enherbement, contribuent à séquestrer le carbone dans les sols. « L’appellation compte quasiment 30 % d’exploitations labellisées bio ou en cours de certification et, en 2007, on a été les premiers sur le plan national à mettre en place une charte environnementale et paysagère avec la communauté d’agglomération et la ville de Nîmes », ajoute l’intéressé. Pleinement engagée dans les attentes sociétales actuelles, l’appellation veut aller plus loin et Bernard Angelras veut mettre à disposition ses connaissances en la matière. « En tant que président de l’IFV, je travaille énormément sur les techniques de production en constante évolution, sur les cépages résistants ou sur les énormes enjeux stratégiques environnementaux, et notamment sur l’empreinte carbone en viticulture. »

« Dans le contexte actuel, il est important de rassembler ! »

D’ici quelques jours, le conseil d’administration se réunira pour fixer le cap et lancer des projets d’avenir. « L’AOC Costières de Nîmes est une appellation qui peut viser l’excellence avec de nombreux atouts sur lesquels s’appuyer : un vignoble restructuré, une dynamique agro-environnementale bien engagée, des moyens développés pour lutter contre le stress hydrique mais aussi une production diversifiée, avec des vins dans les trois couleurs qui peuvent revendiquer leur appartenance à la grande famille des vins de la vallée du Rhône, et une stratégie de commercialisation équilibrée entre trois échelons, le local, le national et l’international », poursuit Bernard Angelras qui a l’ambition de rapprocher l’appellation de la ville de Nîmes, son étendard culturel et touristique. « On doit être force de proposition avec l’office de tourisme et les entreprises du territoire », conclut-il. Pour rappel, l’AOC Costières de Nîmes représente environ 3000 hectares de vignes et 20 millions de bouteilles produites par an en rosé (48 %), rouge (43 %) et blanc (9 %). En tout, 70 caves particulières, 9 coopératives et 1 négociant-viticulteur œuvrent sur un vignoble qui court entre Nîmes et Camargue.