(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

Les vignobles Austruy viennent d’ouvrir un espace d’accueil d’une soixantaine de m2 avec salle de dégustation au 31 avenue de la Tour Maubourg à Paris. Il est destiné avant tout aux professionnels et aux amateurs sur rendez-vous.

“Nous voulions bénéficier d’une belle vitrine parisienne pour accueillir nos clients dans un endroit prestigieux” explique Alban Cacaret, directeur des domaines et le neveu du propriétaire, Philippe Austruy, homme d’affaires parisien, acteur du domaine de la santé (maisons de retraite, services à la personne, crèches). Ce dernier a racheté, en à peine 20 ans, cinq vignobles : La Commanderie de Peyrassol, près de 1000 hectares en Provence dont une centaine de vignobles, étendus en 2018 avec une partie du domaine de La Bernarde (une quinzaine d’hectares) ; Château Malescasse, 40 hectares à Bordeaux en Haut-Médoc ; Quinta da Côrte, 24 hectares de vignes et d’oliviers dans la vallée du Douro au Portugal ; et Tenuta Casenuove, en Toscane, une centaine d’hectares dont une vingtaine de vignoble en production. Le nouvel espace aux murs d’un bel orange toscan parés de métal avec bouteilles perchées et sols de marbre, a été imaginé par Pierre Yovanovitch, l’architecte-designer qui était déjà intervenu à Peyrassol et à la Quinta da Corte. Le groupe distribue également ses vins dans cinq restaurants-cavistes baptisés “Un jour à Peyrassol” (Paris, le premier ouvert, rue Vivienne, et spécialisé dans la truffe, Megève, Saint Tropez, Biarritz et Bruxelles) mais ils ne sont plus exploités en direct.

Philippe Austruy a racheté en 2001 le domaine provençal des moines templiers de l’ordre de Malte. Il appartenait depuis la Révolution à une famille de propriétaires terriens provençale. Françoise Rigord avait replanté dans les années 1970 une quarantaine d’hectares de vignes dans ce vaste domaine de chasse (la plus vieille parcelle de grenache a une cinquantaine d’années). Elle était l’une des premières à embouteiller et exporter du rosé. Philippe Austruy ne cherchait à l’époque qu’une résidence secondaire – il va d’ailleurs faire restaurer l’ancienne magnanerie avec des jardins à la française, et il se retrouve à la tête de quelques centaines d’hectares, aujourd’hui 2500 avec forêts, oliviers et chasses privées. Le vignoble s’étend sur une centaine d’hectares, agrandi à plus de 120 avec le récent achat partagé de La Bernarde avec Tom Bove, son voisin de La Mascaronne. “On ne pouvait pas laisser passer ce domaine si proche et abandonné ces dernières années alors qu’il avait une si belle réputation en rouges, notamment avec de beaux cabernets sauvignons et syrahs, explique Alban Cacaret (photo plus bas). Mais ces vignes ne rentreront pas dans Peyrassol après leur restructuration – il a fallu beaucoup arraché-replanté ; elles resteront une entité à part entière”.

L’étiquette de La Bernarde est actuellement utilisée pour un vin de négoce en attendant que les rouges, à majorité cabernet sauvignon, entrent en production. Peyrassol qui produit 85% de rosés, 10% de rouges et le reste en blanc travaille avec Stéphane Derenoncourt comme consultant pour les rouges, Pierre Guérin du Cabinet d’Agronomie Provençale pour les rosés et les blancs. Après un bref passage d’Hermine de Clermont-Tonnerre comme maître de chai, Alban a recruté cet été Fabien Burani (ex-domaine de la Cantarelle et cave de Brignoles). Après une certification en HVE cette année, la conversion bio est lancée pour 2021 et une nouvelle cave est prévue à Brignoles en 2020 pour l’activité négoce. Le domaine peuplé d’œuvres d’art monumentales comprend également une ancienne bastide restaurée pour accueillir des événementiels et une table d’hôtes offrant une cuisine locale de saison. Peyrassol entre-temps a vu la famille d’agrandir avec l’achat du château Malescasse en Haut-Medoc en 2011-12, de Tenuta da Corte en 2014 et Casenuove en 2015, en cours de rénovation.