(photos Yoann Palej)
(photos Yoann Palej)

Grâce à Terra Hominis, structure héraultaise spécialisée dans l’installation de vignerons via le financement participatif, Maxence Panchau a pu créer le domaine Caussarelle, en 2017, à Vacquières, dans le Pic Saint-Loup. Rencontre avec cet ambitieux vigneron de 33 ans lors d’une matinée palissage avec ses associés.

Vacquières, Pic Saint-Loup, à une trentaine de kilomètres au Nord de Montpellier. C’est dans cet environnement, à la croisée du chemin des verriers et de celui des vignerons que Maxence Panchau a donné rendez-vous à ses associés, le samedi 30 mai, pour palisser. “Je préfère les appeler mes complices”, glisse-t-il avec un sourire. C’est en effet grâce à la participation financière de 230 personnes (116 sur la première levée, 1500 euros par part en moyenne) qu’il a pu, en 2017, faire l’acquisition de 6 ha (Merlot, Syrah et Grenache à parts égales) via le financement participatif. “J’ai fait la rencontre de Terra Hominis et j’ai apprécié leur philosophie. Ici, l’investissement est lié au plaisir, à l’envie de participer à une aventure viticole”, ajoute le jeune homme de 33 ans. Les investisseurs sont d’ailleurs rémunérés en vin. “Ça a été un point important pour que je me lance, confirme Raphaël, l’un des associés, en plein travail sur des jeunes Syrah. Ce que je préfère, c’est le côté pédagogique. Je suis venu plusieurs fois avec mes enfants, c’est une aventure extraordinaire. Aujourd’hui, j’ai appris que le palissage était une étape primordiale pour protéger les grappes et avoir un maximum d’exposition au soleil, et aussi pour que les pieds ne se mélangent pas entre eux.”

Des associés qui viennent du Québec ou du Luxembourg

Jacques, autre complice, ajoute : “J’aime la convivialité de ces journées et Maxence n’est pas avare de conseils et d’explications. J’ai toujours été un buveur de vin mais il y a encore quelques mois, je ne savais pas comment on le faisait. Tous ces gens sont là pour le plaisir, plus que pour l’investissement. Dans l’esprit, ça me fait penser à un modèle associatif. Et puis, la dégustation des nectars est un vrai bonheur. A force de le goûter, je pense que je le reconnaitrais les yeux fermés ce vin !” Chaque membre du groupement foncier viticole est en quelques sorte un ambassadeur du domaine. “Le bouche à oreille est d’ailleurs d’une efficacité redoutable pour les ventes”, confirme le vigneron. Certains viennent de loin pour participer activement à la vie de la vigne. “Du Luxembourg ou même du Québec”, révèle Maxence Panchau.

Convivialité et partage

Il y a aussi les curieux, les épicuriens, les passionnés. Philippe débarque de Besançon, il est entré dans l’aventure Caussarelle avec sa femme : “Nous cherchions à nous impliquer dans une opération où nous aurions des relations avec le vigneron et où nous pourrions suivre l’évolution de la vigne. On voulait que ce vin soit pour nous quelque chose que l’on connaît, que l’on partage, comme si c’était un peu le nôtre.” Toutes les générations et populations se confondent, des trentenaires, des retraités et même des futurs vignerons. “Mon but à terme c’est de devenir indépendant, d’acheter quelques hectares, un terroir un peu frais avec un peu d’eau et surtout des vins blancs, c’est ce qui me botte le plus”, confie Simon, 35 ans, qui a quitté sa Picardie natale pour faire un Master Vignes et Vin à Montpellier SupAgro. Les profils sont tous différents mais la passion du vin est le point convergent. “On passe une petite journée de boulot au soleil, en extérieur, à voir et sentir des jolies vignes, il y a pire non ?”, s’amuse un autre associé. Et cerise sur le gâteau, Maxence pense toujours à réunir ses précieux ambassadeurs autour d’un moment convivial. “Ils ne viennent pas pour les vignes, ils viennent pour le gueuleton d’après”, conclut le vigneron dans un éclat de rires. Prochain rendez-vous en juillet pour l’Assemblée Générale.

Pour plus de renseignements : www.domainecaussarelle.fr