La propriété de Saint-Julien (4ème Grand Cru Classé 1855) s’apprête à boucler l’une des phases de travaux les plus importantes de son histoire. Le nouveau chai va faire des jaloux.

A l’occasion de cette semaine des primeurs, ceux qui s’arrêteront au château Talbot, 4ème Grand Cru Classé en 1855, à Saint-Julien, auront un aperçu quasi définitif de ce à quoi il ressemblera dans quelques mois. En effet, s’il reste encore quelques échafaudages dans la future cours d’honneur, en juin prochain, cette superbe propriété de la famille Bignon-Cordier, en aura terminé avec l’une des phases de travaux les plus importantes de son histoire. Entamée à l’automne 2010 et réalisée par tranches, celle-ci a mêlé de front rien de moins que construction et rénovation.

Avec en pièce maîtresse, son nouveau chai de vieillissement. D’une superficie de 1450 mètres carrés, celui-ci croise sans conteste, dans la catégorie des réalisations majeures de la rive gauche. Mais contrairement à certains de ces voisins, pour l’apprécier, il convient d’y entrer. Ici, l’essentiel du spectacle est à l’intérieur. En effet, toute la structure de ce chai unique repose sur ce que l’on pourrait appeler une « forêt de ceps de vignes » en béton. Soit une succession de poteaux arborescents conçus dans des moules sur mesure, qui offrent à ce chai une véritable dimension cathédrale. Une impression d’espace d’autant plus marquée que les murs, habillés d’un étonnant glacis d’aluminium réfléchissant, ajoutent de la profondeur à l’ensemble. C’est dans ce cadre que vieillissent près de 1000 barriques.

« Nous voulions cet aspect volontairement créatif, précise Jean-Pierre Marty, le directeur de Talbot. Mais derrière ce projet, nous avons aussi réorganisé toutes nos installations techniques. A titre d’exemple, nous avons ainsi repensé la gestion de notre parc de barriques. Nous en comptons 2000. Pour s’en occuper, nous avons créé un rincoir qui centralise tout le nettoyage et la désinfection de nos barriques. » Pour les amateurs de vin et d’architecture, Talbot risque fort de devenir une étape incontournable à Saint-Julien.

Jefferson Desport