Ex-directeur export d’un négociant châteauneuvois, Quentin Heller vit pleinement sa passion. Il aime le vin, il en rêve, il en vend. Son métier lui a permis de belles rencontres avec des vignerons passionnés comme lui. La tentation est devenue trop forte de transformer ces belles rencontres en bouteilles.

Quentin Heller est un entrepreneur bourré d’idées, un peu iconoclaste, en tous cas prêt à s’affranchir de certains codes, sans toutefois bouder son plaisir et celui des amateurs. A côtoyer les vignerons de la Vallée du Rhône et du Beaujolais, il s’est pris au jeu. Il vient de lancer sa propre gamme de vins. “Plus qu’un négoce de vins, la marque Heller est un laboratoire d’idées, un exutoire, un espace de liberté total qui ne consiste pas seulement à mettre un nom sur une bouteille”, précise t-il.

Son premier opus s’appelle Anarchie et se décline en deux cuvées, en Vin de France. “Souvent confondue avec le chaos, l’anarchie est la libération de l’être humain de toute forme de domination, tout en respectant la terre et l’autre”, dixit le créateur. Histoire de bien marquer le concept, la bouteille affiche un graphisme sans équivoque, au design street art, signé du calligraphe Guillaume Schaffhauser, alias Frakone.

La cuvée “Grenache” est issue d’une seule parcelle de vignes âgées de 45 ans. Les raisins sont vendangés manuellement, éraflés, vinifiés et embouteillés sans SO2. C’est un plaisir gourmand, aux arômes de jeunesse, où la vivacité se conjugue à une matière très expressive.
 La cuvée “Syrah”, elle aussi issue d’une seule parcelle, est vinifiée selon les mêmes principes. Archétype du cépage rhodanien, expressive, opulente, elle est bien marquée sur les notes de zan. Prix indicatif de ces cuvées : 12 €.

La troisième cuvée est l’histoire d’une rencontre entre deux vignerons. Le premier est nordiste, installé au cœur de l’appellation Saint Joseph. Thomas Farge a repris le domaine familial et souhaite faire des vins plus modernes, à consommer dans leur jeunesse. Le second est sudiste. Stéphane Usseglio, du domaine éponyme à Châteauneuf-du-Pape, s’est lancé dans la viticulture biodynamique en 2010. Réciproquement séduits par leurs vins, ils ont eu l’idée de faire une cuvée ensemble. Activateur de lien social, Quentin Heller, a joué les entremetteurs et créé Oxymore.
Un nom idéalement trouvé, pour cet assemblage de 65% de syrahs de Thomas Farge (élevées en barriques de 3 à 5 vins) et de 30% de grenaches âgés de 60 ans, plus 5% de counoises (vieillies 18 mois en demi-muids), de Stéphane Usseglio.
Une cuvée en Vin de France, sans soufre, elle aussi. Les arômes de groseilles, qui concourent à sa vivacité, n’éludent pas la finesse et le fort potentiel de garde. Prix indicatif 26 €.

Instagram : www.instagram.com/quentin.heller/
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