©W. Kiezer
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Après un début de vendange précoce dans le département, les pluies du 15 août n’ont pas forcément eu les résultats escomptés et les épisodes méditerranéens attendus risquent de rendre la tâche plus complexe. Direction l’ouest montpelliérain pour obtenir de la nouvelle bien fraîche du vignoble.

Une nouvelle façon de vendanger

Comme dans de nombreux domaines héraultais, Frédéric Pringuet, du Clos Saint-Conti à Murviel-lès-Montpellier (15 hectares en biodynamie), a démarré ses vendanges peu avant le 15 août. D’abord par son chardonnay puis son pinot noir mais les récoltes sont aujourd’hui au point d’arrêt. “Les vendanges ont bien démarré mais tout s’est emballé et la récolte devient finalement compliquée. Par endroit les maturités sont quasiment bloquées car les vignes gelées de l’an dernier ont beaucoup produit de grappes et il n’y pas d’énergie et d’eau pour toutes”.

2022 prouve que le changement climatique est bien présent et l’année est encore un millésime compliqué pour le secteur viticole. Après le gel de 2021, la sécheresse et la pluie de la période estivale ont bousculé les plans de récolte : “ce millésime est encore une nouvelle façon de vendanger, il n’y a plus rien de rationnel maintenant, tout peut arriver”. La pluie bienfaitrice aurait pu redonner le sourire à Frédéric Pringuet mais le vigneron constate des maturités autour des 12 degrés sur certaines parcelles quand une syrah est déjà à 15 : “Avant tu commençais par les blancs puis les rosés mais cette année tu peux récolter des rouges avant, le fonctionnement habituel a changé”.

Même constat au domaine de la Marfée, également en biodynamie à Murviel-lès-Montpellier, où Thierry Hasard explique qu’après avoir démarré le 13 août il n’a, à ce jour, récolté que les blancs :”on a commencé tôt mais pour ralentir aussi vite”. Une vendange en suspens là aussi à cause de grappes qui peinent à mûrir.

La fédération héraultaise et de nombreux syndicat d’IGP ont ainsi demandé officiellement au préfet de recourir à l’enrichissement alcoométrique des vins (la chaptalisation). Une demande acceptée le 26 août par les autorités à hauteur de 1,5 % de volume, sans distinction de couleur et uniquement pour les IGP.

Une vinification qui s’annonce technique

A la Marfée comme au Clos Saint-Conti, les vinifications sont également différentes des années précédentes. “Je récolte des grappes avec des tout petit grains pour faire environ un tier de liquide pour deux tiers de marc, ce qui m’oblige à moins piger et moins soutirer pour ne pas trop extraire” annonce Frédéric Pringuet, qui craint avoir besoin de beaucoup de temps pour les tanins s’arrondissent.

Des vendanges qui doivent continuer dans l’Hérault tout en jouant avec le risque d’épisodes méditerranéens annoncés dans les prochains jours.