Dans le cadre du partenariat qui unit l’appellation bordelaise et le club de rugby de Bordeaux-Bègles, une belle troupe de vendangeurs-rugbymen prête main forte chaque année dans l’un des châteaux, le temps d’une matinée. Hier, ils étaient au château Gros Moulin.

“C’est bien la première fois que nous aurons plus de porteurs que de coupeurs pour les vendanges, mais on devrait pouvoir s’arranger!” s’amusait hier Rémy Eymas, à la tête du château Gros Moulin, propriété familiale qui accueillait en ce mardi matin dans ses vignes une équipe de vendangeurs peu ordinaire. Une cinquantaine de joueurs de l’Union Bordeaux-Bègles, équipe première et espoirs réunis, étaient là, surmotivés, pour ramasser les baies d’une petite parcelle de moins d’un hectare plantée en malbec, cépage emblématique de l’AOC. Ce rendez-vous, désormais devenu tradition, est réitéré sans faute millésime après millésime. Mais pour la première fois en revanche, les rugbymen ont prolongé leur visite en terres bourquaises par un entraînement ouvert au public hier après-midi.

Valeurs partagées

Si l’histoire d’amour entre le club et l’appellation persiste inlassablement à travers le temps, c’est sans nul doute que joueurs et vignerons sont réunis par des enjeux et des valeurs communs. « Dans une équipe de rugby comme dans une appellation, il faut savoir gérer la dimension de groupe avec en son sein différentes individualités, analyse Didier Gontier, directeur du syndicat viticole. Dans une belle synergie collective, les Côtes de Bourg comme l’UBB s’appuient sur la cohésion interne pour être plus forts en externe. » La passion et les aptitudes physique et morale requises par ces deux univers, où rien n’est jamais acquis, sont aussi l’un de leurs traits d’union. “Le travail de la vigne peut être difficile, constate Christophe Urios, l’entraîneur de l’UBB. C’est une discipline dans laquelle on ne maîtrise pas tout, notamment les conditions météorologiques, un peu comme dans le sport. Avant un match, on fait en sorte d’être le plus performant possible, on se prépare et on s’entraîne du mieux que l’on peut, et parfois ça porte ses fruits, parfois pas. Ça reste deux métiers rudes, mais à la fois ce sont deux passions incroyables” rappelle le coach.

Belles perspectives

Se mettant au diapason de l’enthousiasme et de la bonne humeur qui régnaient hier, la pluie a retenu ses gouttes le temps de la vendange. Inspiré par le soleil, Didier Gontier, d’humeur météo-métaphorique, en profitait pour glisser quelques mots en forme de bilan sur les réalisations de l’appellation. “On est toujours un peu en train de ne voir que les nuages, mais finalement il faut se concentrer sur les éclaircies. Les millésimes 2017 et 2018 ont été difficiles, mais on accueille un 2019 dans la moyenne. La qualité est au rendez-vous, avec un potentiel élevé et les rendements plus normaux. On se développe bien à l’export, notamment en Chine, avec des chiffres 2018 encore en augmentation, et on a un vivier de jeunes vignerons qui arrivent et dynamisent l’appellation. Il y a une vraie énergie positive”, se réjouit le directeur. Les vignerons de Bourg pourront d’ailleurs continuer à déployer ce bel entrain au fil de la saison de Top 14, au cours des dégustations qu’ils animent lors des matches de l’UBB. Prochain défi à relever, ce samedi contre Lyon, après l’égalité contre Montpellier le week-end dernier.