(photo JB Nadeau)
(photo JB Nadeau)

Le négociant Allan Sichel vient d’être élu président du Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux (CIVB). Il retrouve ainsi un fauteuil qu’il a occupé de 2016 à 2019 et succède de nouveau à Bernard Farges.

Lundi 11 juillet 2022, le Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux, constitué à parité entre viticulture et négoce, a élu Allan Sichel président. M. Sichel, négociant (il a notamment présidé la Fédération des Négociants de Bordeaux et de Libourne notamment de 2010 à 2016), succède ainsi à Bernard Farges, suivant une règle d’alternance qui voit se succéder un représentant de la viticulture et un représentant du négoce à la tête de l’interprofession. Ainsi, Allan Sichel a déjà occupé la présidence du CIVB de 2016 à 2019, son mandat ayant été encadré par deux présidences de Bernard Farges. C’est donc « le changement dans la continuité » qui prévaut au CIVB.

Né en 1962, Allan Sichel, de nationalité française et britannique, est marié et père de 3 enfants. Il dirige depuis 1998 la Maison Sichel, entreprise familiale fondée en 1883. Dans son discours inaugural prononcé ce jour, il a tracé les lignes directrices de son nouveau mandat : « Le sujet le plus important aujourd’hui pour notre filière est son volume de commercialisation. La production des vins de Bordeaux en année normale – autour de 5,5 millions d’hectolitres – est désormais largement supérieure à nos volumes de commercialisation. Or, même si nous identifions des pistes de développement à l’export, il est peu probable que nous puissions compenser la baisse continue de la consommation de vin sur le marché français. Lequel, je le rappelle, représente 55% de nos ventes. En France, la tendance est au ‘boire moins mais mieux’, considérons que c’est une opportunité ! C’est à nous de ressusciter l’attractivité de nos vins« . Avançant que la reconquête des consommateurs passe par un gros travail de terrain, à commencer par Bordeaux et la Gironde, M. Sichel a mis l’accent sur l’inéluctable restructuration à venir du paysage viticole bordelais : « dans la transition que nous connaissons, il pourrait être judicieux de réaffecter certaines terres viticoles à la culture alimentaire humaine ou animalière, à la captation de carbone ou la production d’énergie verte. Ces conversions vertueuses requièrent et méritent une assistance financière pour leur mise en œuvre rapide et dans l’intérêt de tous« .

« Faire filière »

Le dimension environnementale occupe aussi une place de choix sur sa feuille de route : « l’un des enjeux majeurs pour notre filière réside dans la transition écologique, l’adaptation au changement climatique et l’alignement avec les attentes sociétales. Pour répondre à ces problématiques planétaires, nous continuerons d’être, à notre échelle, des acteurs conscients et responsables. Nous allons poursuivre nos efforts pour atténuer notre impact sur l’évolution du climat. Nous allons aussi continuer d’imaginer, proposer et mettre en place des outils pour renforcer la résilience de nos exploitations face aux aléas climatiques et élargirons notre politique RSE« . Allan Sichel a également rappelé que « 23% du vignoble est désormais en conversion ou certifié bio, et plus de 75% certifié par une démarche environnementale. Des chiffres impressionnants, qui sont appelés à grossir encore ».

Enfin, prenant l’exemple de la labellisation « Bordeaux Cultivons Demain« , le nouveau président du CIVB a rappelé l’importance de « jouer collectif » face aux enjeux qui attendent les vins de Bordeaux dans les années à venir, reprenant une expression chère à son prédécesseur, celle de « faire filière » : « faire filière, c’est faire preuve de solidarité face aux phénomènes climatologiques localisés et destructeurs, tels que les récents épisodes d’orage de grêle. Faire filière, c’est miser sur la puissance du collectif. Faire filière, c’est être plus engagés, plus forts, ensemble et dans l’intérêt de tous. C’est dans cet état d’esprit que je vous propose de continuer à travailler« .