(photos F. Hermine)
(photos F. Hermine)

La maison du Mesnil-sur-Oger lance deux nouvelles cuvées pour valoriser trois terroirs. Présentation et dégustation.

Les deux projets de TER (prononcez Terre) de la maison Philippe Gonet ont été initiés il y a cinq ans. La maison familiale, créée en 1830 par Pierre-Charles Gonet mais historiquement sur Vertus, voulait valoriser ses terroirs, notamment ceux de chardonnay du Mesnil-sur-Oger où la troisième génération, sous les traits de Charles Gonet, s’était installée en 1910, au cœur de la Côte des Blancs. Ce même Charles, précurseur, qui comprend très tôt qu’il faut aller à la rencontre du client, court les foires de la France entière pour commercialiser son champagne. En 1950, Jacques Gonet, plus mondain, le fait connaître dans les milieux de la mode et de la gastronomie. Son fils Philippe, agronome et œnologue, fait fructifier ce bel héritage et consolide la notoriété de son fameux blanc de blancs.

Les représentants de la 7ème génération, Pierre au vignoble et à la vinification, Chantal a la commercialisation, ont voulu illustrer leurs trois terroirs d’Oger, Mesnil-sur-Oger et Ludes premier cru. Ces deux cuvées confirment le style minéral et aérien de la maison, tout en fraîcheur. Les deux nouvelles cuvées baptisées TER (comme Terroirs) ont été vieillis en foudres neufs de 60 hl pour un profil plus vineux, et sans malo pour garder la fraîcheur.

Nouveau flacon pour trois terroirs

Ces nouvelles cuvées ont été embouteillées dans un nouveau flacon dont le moule du 19ème siècle à été retrouvé dans une extension de la cave. « Ça à été un pari car avec son col très fin, la bouteille n’est pas facile à dégorger, reconnait Chantal Gonet (photo ci-dessous). L’embouteillage n’était pas simple non plus mais nous y tenions car plus trapue, elle limite les risques d’oxydation ».

Le TER à étiquette blanche est un 100% chardonnay sur une base 2011 à 70%, complétés de vin de réserve ; c’est un extra-brut dosé à 3-4 g de sucre par bouteille et dégorgé en juillet. Le TER blanc bénéficie de surcroît de vignes cultivées sans herbicide ni insecticides (traitées par confusion sexuelle), juste labourées en plein, non désherbées entre les ceps (45 €). Il offre des arômes beurrés sur l’amande fraîche, crémeux en bouche sur une finale saline propre au terroir du Mesnil. A déguster à l’apéritif, sur du parmesan, une poêlée de gambas…

Le TER à étiquette noire est élaboré à base de trois cépages : le chardonnay du Mesnil, le pinot noir de Montgueux dans l’Aube ou la maison Gonet possède 40 ares, et le pinot meunier de La Chapelle-Monthodon, d’où la mère de Pierre et Chantal est originaire. « Les vignes plantées par mon père dans les années 70 devraient aussi être travailles sans herbicides ni insecticides d’ici deux ans et à terme ce sera tout notre vignoble qui devrait être conduit ainsi d’ici cinq ans ». Le profil du TER noir (40 €), également sur une base 2011 avec 30% de vins de réserve, apparaît plus vineux et plus brioché, sur des notes de fleurs blanches avec du volume et de la fraîcheur en bouche. À essayer sur un feuilleté au comté, un dos de cabillaud au beurre…

La maison Philippe Gonet élabore environ 200 000 bouteilles sur son propre vignoble de 19 ha (deux tiers chardonnay, un tiers pinot noir) complété par un approvisionnement de 5 ha en pinot noir. Pas moins de 45 parcelles avec des vignes de 35-40 ans sur 11 terroirs pour désormais une dizaine de cuvées.